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27 juin 2017

Le mois du juin. Rien de moins.

A Champvent, le mois de juin fut celui des moissons.

Nous parlons ici d'événements sportifs successifs, générateurs de récoltes financières certes, mais un mois propice au bonheur d'un club qui vit dans l'allégresse du moment.

Le mois de juin à Champvent, une ribambelle d'efforts.  Du travail bénévole pour tous, le comité qui cravache et qui ne compte pas ses heures.

En gros et dans le désordre, la confection d'un Dîner de soutien; la préparation d'un match entre sommités du football romand et suisse; des Finales de promotion - remportées, qui plus est -; la célébration des nos 10 ans en 2e ligue; le titre de meilleur buteur de 2e ligue pour notre Roi et bien sûr, l'organisation d'une étape du tour du Pays de Vaud de course à pied.

Rien que ça.

Alors résumons tout ça, decrescendo.  Et par notre sacro-saint compte Twitter, qui tient en haleine tout son monde, semaine après semaine.

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Tour du Pays de Vaud
7 juin 2017
450 coureurs.  8,000 mètres de hauts et de bas.
Les photos


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Une promotion!

13 juin
Après avoir vaincu Chavannes (5-1), La Deux fume Lonay (0-1) et assure sa promotion en 3e ligue.  Hasta Siempre!


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Dîner de Soutien
23 juin 2017
150 personnes.  Repas par le staff du FC Champvent.



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Le Roi et bien le Roi

24 juin 2017
Avec 26 pions et à 39 ans, Albino est bien le meilleur. Le meilleur de tous les temps, en 2e ligue. Est-ce superflu de le dire? Non. Il est le meilleur de tous les temps, point.  Brève mention sur footvaud.ch.


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Sion-Servette - Match de préparation

1e juillet 2017
Dans ce match, pas mal de Coupes et de titres de champions de Suisse.  On se réjouit d'accueillir tout ce beau monde à Champvent!



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Les 10 ans de la promotion!
26 juin 2007-2017
C'était il y a 10 ans.  On battait Cheseaux 6-0, et on s'envolait pour la 2e ligue.  26 matchs, 24 victoires, 2 défaites, 72 points,  On s'en rappelle.   C'était hier!


19 oct. 2016

Six sur neuf. 66%.

Le week-end dernier, c'était triple header au Battoir. Trois matchs à domicile pour les trois équipes du club, trois points en jeu pour tous les trois, trois opportunités pour remplir les tiroirs de la buvette 'Chez Colette', trois fois trois pouvait faire neuf points - comme à la belle époque.

On s'en contentera de six, de points. 66% c'est bien.

Alors commençons par le début.

Champvent II - Veyron-Venoge 4-1
D'abord, ce fut La Deux. L'équipe de Florian Magnin -- qu'à l'interne on surnommerait Marcelo Bielsa -- joue le haut du tableau, contre Venoge elle a dû jouer des coudes. Bousculé comme rarement cette saison, Champvent a su faire fi de la finesse adverse: "au début, ils se trouvaient bien, jouaient vite. Nous, on était un poil en retard et ce qui devait arriver arriva, 0-1. On n'avait plus trop l'habitude d'être mené." Sébastien Bardet, toujours aussi adroit dans l'analyse, très droit dans ses gestes défensifs, personne ne se lassera jamais de voir tant d'élégance sur le terrain, diantre que c'est beau, oui, la main de fer dans le gant de velours, avec lui tout à l'air simple; presque autant que ce 0-1: "tu as vu l'élévation du type? C'est l'un des plus petits sur le terrain mais il prend tout de la tête; au milieu de terrain c'était pareille". En face, Christian Leuenberger, 25 ans de club, contrecarre, presque révolté: "il était seul! Faut le bousculer! Lui marcher sur les pieds b**del! C'est quoi ce marquage?!" Au final, peu importe, car Champvent enclencha alors la seconde. Quatre pions en un rien de temps, de quoi ne laisser nul regret à Veyron: "Bien sûr, ils ont baissé physiquement. Mais ça, c'est aussi parce qu'on les a pressés. L'expulsion les a coulé", Commader in Chief Magnin, satisfait mais laconique: "on a encore du boulot", tandis qu'Alex Perret souriait à côté, prêt à sortir picoler, festoyer stricto senso son 7e but de la saison. La Deux semble ainsi enchaîner les matchs comme les victoires, avec la sérénité d'un bouclier anti-averse, rien ne le perméabilise, surtout pas les atermoiements dans ses buts (déjà 4 gardiens utilisés en 7 matchs).
Tendance: à la hausse. Qui peut lui barrer les Finales?


Champvent III - Rances II 3-4
Dimanche matin, La Trois. Là c'est spectacle. Renversement. Et renversant. Tout y passe: la catastrophe jusqu'à ce 0-3 de la 57e; la beauté du foot jusqu'à cette 91e où Champvent rate seul au but -- c'eut été 4-3! -- et juste derrière pim, 3-4. "C'est cruel" lâchait le génie Tyty Golay, gamechanger de son état, entré en jeu à 0-3 il retournait alors tout: la défense de Rances (devenue subitement caduque); les filets adverses (il y va de son doublé), l'emprise sur le match (le momentum avait changé); les espoirs du public (qui râlait déjà); les gamins derrière le but (qui ne jouaient plus mais regardaient le spectacle). Patrick Girard, central de Rances, lançait alors "il y a une justice!" au moment du coup de sifflet final, un brin partial mais chaud bouillant, alors que Golay, génial comme toujours éludait: "un nul aurait été plus logique". Le foot, en Champions League comme en 5e ligue, ca fait rêver les foules, qu'ils soient 45,000 au Bernabeu ou 45 au Battoir, ça jubile, ca chavire, au Battoir on peut commander une bière sans perdre du regard le match, oui "Chez Colette" 45 secondes suffisent, à Bernabeu à la mi-temps on y va pas, on n'a pas 45 minutes à perdre pour une bière sans alcool et un foot sans passion.
Tendance: à la baisse. Puisqu'elle perd trop souvent.


Champvent - St-Prex 2-1
La Une est morte, vive La Une! Après avoir gambergé de longues semaines durant, défaite retors, enfin la victoire retourne. Mais du temps pour que victoire se dessine, il en fallut. Seule certitude: meilleure, La Une l'était, dimanche dernier. St-Prex n'avait rien fait, quelques voluptés pour la forme, sinon rien, si ce n'est repousser Champvent. Explications: "il nous manque 4 titulaires, comment veux-tu faire?" raisonnait un supporter sis derrière le but avec nous, il semblait honnête, l'accent vaudois en sus, lui qui fustigeait autant ses propres joueurs que les nôtres, lorsque la bêtise du foot trouvait son apogée (91e, expulsion). "Tu as des cerveaux à louer?" demandait Christian Leuenberger au Président au moment où le banni sortait. Rien a rajouter. Enfin oui, et des belles. Déjà Jason Brunet, qu'on arrêtera d'encenser car il va prendre le Melon, mais que son activité est belle lorsqu'il devient pitbull guerrier, terrier à l'affût, récupération précoce, relance tardive, perspicace, discipline, parfois cela écœure. A l'inverse il y a aussi Le Roi. Remplaçant pour une fois, Albino Bencivenga entre, anticipe, fixe, quel luxe ce remplaçant de luxe, qui marque le GWG (84e) Tonton Tharin rigole: "attention Albino, rentrer et marquer c'est un bon signe pour l'entraîneur; pas pour toi la prochaine fois".  Le Roi botte en touche, remet la main sur le dossier du jour: "ce match-là, il fallait le gagner, sinon le train de tête partait sans nous."
Tendance: à la hausse. La Une est dans le bon wagon.


2/3, 6 points, 66%.
Trois matchs six points. Pas de quoi pavoiser, juste de quoi provoquer des chutes à la buvette, du monde bien ému a perdu pied, un peu éméché, tout émoustillé par tant d'allégresse.

Vive le foot.


Dimanche, c'était mi-figue mi-raisin.  Une victoire sur deux.

Samedi, c'était fête au village - vive La Deux.

17 juil. 2015

Briscars: votez pour le FC et le Roi Bencivenga!

Tradition oblige, voici venu le temps des Briscars, du Journal La Région.

Cette année, le parcours du FC Champvent fut balbutiant, il n'empêche que le club est nominé dans quelques catégories.

D'abord, La Une. Elle est en lice dans la catégorie de l'équipe "sympathique pour ses efforts". C'est vrai que son second tour vaut pas mal de louanges, même si ça n'a pas toujours été drôle, mais 24 points c'est pas mal du tout.  Et ça nous a sauvé de la culbute. 

Ensuite, Le Roi. Albino Bencivenga est encore nominé dans la catégorie du "meilleur chasseur de but". Et cette fois, il doit gagner. Pourquoi?  Parce que c'est le meilleur, tout simplement, et que s'il n'avait pas raté quelques matchs, il aurait encore été meilleur buteur de 2e ligue, même à 37 piges.

Enfin, La Deux. Qui a vu son match contre Ependes repoussé à moult reprises. Cela paraît ubuesque, oui, mais votez quand même pour l'équipe dans la catégorie de la "meilleure anecdote".

Les votes, c'est jusqu'à dimanche soir.  Alors rue-toi sur les votes. 

Merci de soutenir le FCC. Mais aussi, n'oubliez pas de faire voter autour de vous.



15 mai 2015

On voit rouge

A chaque match, les refrains sont éternels, les mêmes pour tous, quelle rengaine:

Fils de pute!
Filho da puto!
Va fan culo!
Picku materinu!
Jebem li ti majku!
Etc.*

Ces insultes, on les entend sur le terrain, tels des orgues de Barbarie qui enraillent l'air de leurs sons préfabriqués. Le pire dans tout ça: on s'y est presque habitué.

Ces quasi-onomatopées sont devenues aussi communes qu'une moto bruyante qui réveille un bébé dans un village retiré, des banalités en veux-tu en voilà, ou quand l'insulte insupportable devient quotidien, redondance; quand l'outrecuidant devient omniscient; quand l'horreur devient banalité.

A chaque week-end, le footballeur moyen y est confronté.

Impossible d'y échapper. A moins de rester sur le banc (qui pour une fois est un honneur).

Aux insultes, impossible d'y échapper. A moins de rester sur le banc (qui pour une fois est un honneur). 

Se faire insulter -- ou pire encore, sa mère -- est donc devenu routinier. Ainsi en est-il des sports de contact. Et chaque footballeur s'accordera à le dire.

Le problème, c'est lorsque l'on est puni pour ces "banalités".

Mardi dernier, Albino Bencivenga a vu rouge. Son tort? "Putain de sa mère!" a-t-il lancé, paroles en l'air, dans les deux sens du terme. Son protagoniste explique d'abord le sens premier: "bien sûr, je ne dois jamais dire ça. C'est sorti comme ça. Mais ça a mal été interprété." Donc oui, Albino a prononcé ces mots, après qu'un hors-jeu totalement inexistant ait été sifflé contre lui. Il a lancé ces mots comme il aurait pu dire ahh crotte ou ahhh flûte. Déplace? Oui. Punissable? Non. Jamais.

Paroles en l'air, seconde définition. Le Président Claude Meylan, sur footvaud: "Albino a utilisé une expression inappropriée, mais il ne l’a pas dirigée vers l’arbitre. Jamais! Il a lancé cette phrase au ciel et l’arbitre a cru qu’elle lui était destinée, ce qui est complètement faux. J’ai parlé à Albino, il a 37 ans et c’est le joueur le plus fair-play du monde. Il n’a jamais eu le moindre problème. Franchement, je le dis sans crainte et j’assume mes paroles: il ne mérite pas ça, surtout que, je le répète, à aucun moment il n’a dirigé ses paroles vers l’arbitre.".

L'arbitre entend donc ce qu'il veut, quand il le veut. Lui aussi est soumis aux pires insultes, mais ne voit que ce qu'il a envie de voir. Lorsqu'il sait qu'il est en tort, il laisse couler, courbe l'échine et encaisse, comme tous les joueurs.

Lorsqu'il sent que le contrôle du match lui échappe, il perd tout, y compris l'ouïe, même lorsque les "fils du pute" deviennent "je vais niquer ta mère" ou encore "je vais te traquer et te tuer". Oui, tout ça, nous l'avons déjà entendu sur les terrains. Mais l'arbitre n'ose pas. Sa sécurité est en jeu. Alors il fait mine de n'avoir rien entendu. Il passe, car trépasser pour du foot, non merci.

Parfois, l'arbitre fait mine de n'avoir rien entendu. Il passe, car trépasser pour du foot, non merci. 

Mardi dernier, Charles**, un adversaire du jour, a asséné l'inégalable "fils de pute" des dizaines de fois -- en fait, à chaque fois qu'on le découpait par ce qu'il était trop fort, allait trop vite. Mais lui est resté impuni, comme les centaines de joueurs qui ont répété l'insulte des centaines de fois. Nous ne jetons pas ici l'anathème sur Charles. Mais sur les interprétations des arbitres, qui se sentent visés, quand cela les chante seulement.

Albino a donc prononcé ses paroles en l'air, dans un moment d'égarement, de fin de match (88e), de début de fatigue, et de tension palpable (nous luttons contre la relégation). Seul hic, l'arbitre était à côté de lui, a pris pour lui, a pris sur lui de mettre rouge.

Comme il n'a pas mis rouge à Charles.

Comme des centaines d'arbitres n'auraient jamais mis de rouges à d'autres centaines de joueurs.

L'homme en noir, très bon jusque-là, a alors interprété. Sans certitude. Peut-être était-il fatigué à son tour, des examens le lendemain, une copine qui fricote à gauche ou qui ne répond pas aux WhatsApp?

Albino va payer pour les centaines de joueurs qui ont répété l'insulte des centaines de fois.

Zidane a pris trois matchs pour un unique coup de boule. Materazzi deux matchs pour une phrase anodine, répétée des milliers de fois.

Le Roi va payer pour une majorité de footballeurs. Lui fait pourtant partie de la minorité des beaux joueurs. 37 ans, meilleur buteur depuis des lustres, pas un tacle déplacé, rarement une parole malhonnête, un esthète que les hédonistes adorent, il a tout pour lui, le talent, l'altruisme et la quintessence du beau; il est de ces joueurs qui font lever les foules "ohhhh", "ahhhhh", "oh le cochon le but qu'il met!" voire "putain de sa mère la classe du mec", lorsqu'il entre dans la buvette silence se fait, on observe ses faits et gestes; lorsqu'il paie une tournée on se gêne d'accepter - on prendrait bien un peu de ses gènes a lui.

Le Roi Bencivenga, lorsqu'il paie une tournée, on se gêne d'accepter - on prendrait aussi un peu de ses gènes a lui. 

La seule chose qu'il lui manque, au Roi Bencivenga, c'est éventuellement la gueule de l'emploi, celle qui fait peur aux arbitres, celle qui les empêche d'être unanimes avec tout le monde. Peut-être est-il trop gentil. Peut-être est-ce là son seul défaut.

Dès samedi versus Bex, on se réjouit d'analyser les réactions de l'arbitre. Comment il interprétera les insultes qui immanquablement, viendront prendre place dans le jeu.

Quant à notre Roi, il n'est pas mort. Il reviendra, encore plus fort.

Mardi dernier à Aigle, oui, nous avons battu le leader. Mais nous avons perdu le nôtre.

*fautes d'orthographes possibles
**prénom d'emprunt



Red card?  Not.

Dura lex, sed lex

8 déc. 2014

Votez pour le Roi Bencivenga

Collectivement, le FC Champvent peine.

Autant La Une que La Deux sont à la traîne. Ils traînent d'ailleurs en queue de classement

Individuellement pourtant, Albino Bencivenga -- l'icône du club, son illustre représentant, sa figure de proue -- est en lice pour LE titre individuel par excellence: celui du meilleur buteur de 2e ligue. 

Avec 15 pions, le Roi Bencivenga est en tête du classement provisoire des meilleurs buteurs, à égales proportions de Julien Jemmely (15 buts, donc), mais juste devant Salvatore Barbaro (13 goals).

Qui sera en tête à la fin de la saison, au mois de juin?

Qui sera sacré roi des buteurs, tandis qu'Albino Bencivenga s'adjoint déjà du "r" majuscule qui consacre les Rois merveilleux, ceux qui marquent une discipline autant par leur efficacité que par leur aura? "Il est de toute façon tellement fort qu'il est respecté naturellement" écrit le site Footvaud a son sujet.

Tellement juste.

Footvaud propose, justement, de faire un pronostic quant à l'issue du classement final des buteurs, par l'entremise d'un vote sur sa page d'accueil.

"Il est exceptionnel", écrit le site Footvaud. Tout simplement.

Seul l'avenir dira, bien sûr, si le Roi Bencivenga sera le meilleur buteur du championnat.

En attendant, nous sommes persuadés qu'il y arrivera, en voici trois raisons:

1. Durant ce premier tour -- catastrophique -- rien n'aura marché correctement dans les rangs de l'équipe de Christian Mischler. Hormis l'efficacité de son Roi. Albino Bencivenga a été le sommet de l'iceberg, il fut la satisfaction ultime, le génie, le sauveteur. Alors, qu'en sera-t-il lorsque le FCC ira mieux, que son collectif tournera mieux dans sa globalité? Le Roi cartonnera proportionnellement.

2. Avec son acolyte italien Marco Galati, Albino Bencivenga a trouvé un merveilleux associé. Grâce à leur entente magnifique qui s'émancipe au fil des matchs, Albigol trouvera encore d'avantages les espaces au second tour, "il est le roi du démarquage, l'as du contrepied, le cador du "un contre un" écrit le site, et Marco Galati fera en sorte qu'il jouisse davantage de place encore. Davantage d'espaces veut également dire davantage de buts.

3. "Il est exceptionnel" insiste le site. Et à juste titre. L'homme sait tout faire. Il marque à tout-va et fait marquer les autres. Cette saison, il sera le roi des buteurs, et fera en sorte que le FC Champvent s'extirpe de la zone de relégation. La reconnaissance personnelle au service du collectif. Tout à l'image du Roi du FC Champvent. Avec un "r" majuscule.

Votez pour le Roi Bencivenga!

16 sept. 2014

La connexion italienne

Champvent-Benfica.

78e minute.

Le FC Champvent est mené 1-2.

Olivier Glauser capte un corner portugais, et décide de relancer à la main. Il balance le cuir côté droite, le long de la ligne de touche, à 35 mètres de son propre but, donc à 65 mètres du but de Benfica.

Marco Galati s'empare du ballon.

Et le spectacle italien se met alors en marche.

Et le spectacle italien se met alors en marche.

Marco Galati, 190 centimètres de bonheur, a une technique proportionnelle à sa taille; si les grands hommes sont habituellement gauches, peu mobiles et déglingués, Galati en est l'antithèse.

À 65 mètres de son but, il maîtrise d'abord le ballon, mais très vite voit deux adversaires lui chercher des noises. Galati est un monstre, une forteresse imprenable, il résiste à ses sbires, balance le premier, rejette le second, grandes enjambées, foulées magnifiques, un long déhanchement qui met à mal ces Portugais si rapides, avec sa taille géante l'italien devrait céder du terrain mais au contraire il l'augmente, pousse sa balle à chaque foulée – quelle technique –, résiste encore, bouscule un défenseur central venu en renfort. L'attaquant est alors à 40 mètres du but adverse, son pas s'accélère davantage, physiquement on joue bientôt la 80e mais lui se bonifie au gré des minutes qui s'égrènent, la défaite qui pointe gentiment, mais Marco Galati déteste perdre, il pousse donc encore sa balle, la défense aux trousses, on lui met les mains sur les épaules pour le ralentir, des bâtons dans les roues pour le déséquilibrer, mais il résiste toujours, le voilà à 25 mètres du but, toujours collé à la ligne de touche, le ballon collé au pied, les adversaires collés aux basques, et la fatigue d'un long sprint venant, il décide de centrer.

Il est collé à la ligne de touche, le ballon collé au pied, les adversaires collés aux basques

Un centre, dans le football, peut prendre deux tournures. Soit on assure, on limite le risque au minimum, on met un ballon en chandelle, dans le paquet, et démerdez-vous. Ou alors on prend des risques, on botte le cuir avec à-propos, cou-de-pied, on met la puissance, quitte à envoyer la prune en tribune, mais l'objectif est altruiste, on veut offrir un caviar à son collègue, non pas une pourriture.

Et Galati, il fait les choses bien.

Un centre enroulé, millimétré, ras de terre et parfaitement fuyant entre le portier et les 16 mètres. Galati s’est débarrassé du ballon, Benfica Lausanne peut respirer, mais le grand problème est que désormais, l'étalon italien a transmis le ballon à son compère magnifique, qui n'est autre que le Roi Bencivenga.

Et là, danger garanti.

Pour l’adversaire, catastrophe annoncée.

Pour Champvent, bonheur assuré.

D’autant que l'homme aux 271 buts sous le chandail chanvannais avait tout vu venir.

Et là, plus personne ne peut rien faire.

Le but va arriver.

Tout le monde le sait.

Seule question, comment va-t-il s'y prendre?

Il a suivi, bien discrètement, bien calé entre les lignes, à distance équivalente des défenseurs, histoire de semer la zizanie.

Auparavant et avant la prise de balle, Albino Bencivenga avait déjà tout compris de l'entreprise de son compatriote. Alors il a suivi, bien discrètement, bien calé entre les lignes, à distance équivalente des défenseurs, histoire de semer la zizanie. Il a épié Galati à s'émerveiller le long de la touche.

Et au moment du centre, le Roi s'active.

Le ballon est légèrement long, Albigol donne ce coup de rein magique, celui qui fait toute la différence. Le contrôle est parfait, la jambe en extension qui prolonge le ballon, toujours dans le sens de la course, voilà le buteur légèrement excentré sur la gauche, à 15 mètres du but portugais, le ballon parfaitement installé face à lui.

Il est sur son "mauvais pied".

"ton pied gauche, tu ne l'utilises que pour monter dans le bus?"

Un mauvais pied, dans le football, peut prendre deux tournures. Soit on ferme les yeux, on serre les dents, si ça part tant mieux autrement tant pis, on essaie un extérieur du pied droit, quitte à entendre, le lendemain à l’entraînement, "ton pied gauche, tu ne l'utilises que pour monter dans le bus?". Ou alors on à ça dans le sang, bon pied mauvais pied, bon gré mal gré, avec ou sans élan, peu importe, on sait tout faire, c’est inscrit dans les gènes, on a le talent et l'entreprise, on s'est entraîné et on assume, on cherche un coin et on envoie.

Et Bencivenga, il fait les choses bien.

Une frappe organique, méticuleuse, magique, superbe.  La magie. Le coup de fusil. La mine. Direction lunette, côté gardien. Le Roi a bien un "mauvais pied" – le gauche – mais un mauvais pied qui fait rougir de honte le bon pied des cabochards, soit la majorité des joueurs de 2e ligue, ceux qui ne savent pas frapper.

La balle se mue alors en parabole, découpe l'air d'un son aigu, ffffffffffffuit, le filet qui tremble de tout son long.

Goal.

Merci.

Albino remercie l'arbitre.  A moins que ça ne soit l'inverse.

18 juil. 2014

On a besoin de toi!

L'heure est grave.

Car nous sommes en retard aux Briscars.

Et ce dans toutes les catégories où nous sommes représentés.

Le FC Champvent a donc besoin de toi.

Au moment où nous écrivons ces modestes lignes, La Deux accuse un retard de 23 voix sur le FC Ependes; Nathan Karlen 56 sur Steve Roulet et le Roi Bencivenga est devancé par Pavo Andelic par 5 modestes voix.

Tu peux changer le cours de l'histoire et de l'issue des votes.  Dernier délai: dimanche soir 23:59.

Fais entendre ta voix, et soutiens la cause du FC Champvent. Rue-toi donc sur le site de La Région, et vote pour les magnifiques représentants du club qui méritent récompense pour une performance superbe.

Tu peux voter depuis ici.

Hasta Siempre




20 sept. 2013

Albino Bencivenga, le Roi des rois (partie 2)

Sur ce blog, nous l'avons très vite baptisé le Roi.  Albino Bencivenga est au club depuis 2006. Avant, c'était Yverdon-Sport, SR Delémont, AC Bellinzone, Echallens ou encore le FC Savoia. Il est le meilleur buteur vaudois depuis la nuit des temps. Plus de 330 buts en carrière.  Portrait d'un homme illuminé par le talent. 

Dans la première partie, nous avons évoqué ses débuts à Yverdon-Sport, son passage italien, sa valeur marchande. Albino Bencivenga, le Roi des rois, première partie, c'est à relire ici. La suite, c'est ici.

Photo: La Région Nord vaudois

Après son essai avorté au FC Savoia en Italie, le livre d'Albino s'écrit à la page des hommes. Les joueurs qui l’ont marqué en tant que mentors ou adversaires, ces footballeurs si doués tombés dans l’anonymat, ou qui ont grandi dans la gloire. "Ludovic Magnin par exemple. Au départ, à YS, c’était un des joueurs les plus limités de l’équipe, pour ne pas dire le plus faible.  Mais il était gaucher.  Et c’était un bourreau de travail, il n’arrêtait pas. Un vrai cheval de course. Quand je repense à sa carrière aujourd'hui, sachant que c’est le seul qui est devenu professionnel, ça me fait sourire."

Un passage à la... natation

Les regrets, justement. En a-t-il seulement, le Roi de Champvent? Aurait-il pu devenir le Roi d’ailleurs, à des niveaux supérieurs? "J’aurais éventuellement voulu faire davantage de Ligue Nationale B, oui. Mais à chaque fois que j’arrivais dans un club qui voulait de moi, je commençais à marquer des buts et mon territoire, et voilà que l’entraîneur changeait, ce n’était jamais facile."  Et c’est là peu dire. A Bellinzone, c’est Paul Schönwetter qui le fait venir.  Peu après, Gianni Dellacasa prend le relais, jamais pour le meilleur, toujours pour le pire. "On s’est presque battu à l’entraînement… Il n’arrêtait pas de me provoquer, et j’ai pété un câble.  Du coup, j’étais privé d’entraînement, et Dellacasa m’a mis à la… natation!  A cette période, mes proches me manquaient, et avec le décès de ma maman quelques années auparavant, ça commençait à devenir difficile sur le plan personnel."

Il se repose alors sur son alliée de toujours, son soutien le plus fervent, son plus fidèle supporter: sa femme. "Elle m’a toujours soutenu, dans tout ce que j’ai fait au niveau du foot. Elle m'a toujours encouragé à suivre mon instinct et à poursuivre mes rêves. Je lui dois énormément. Sans elle, je ne sais pas ce que je serais devenu. Je lui suis très reconnaissant pour tout ce qu’elle a fait pour moi."

A Champvent, on apprécie l'homme autant que le joueur, c'est dire

Les rois ont souvent la réputation salace, sulfureuse et hautaine. Le Roi Bencivenga en est le contrepied parfait. À Champvent, l’homme est autant apprécié que le joueur, sa manière d’être plait, sa politesse charme, son comportement implore le respect. Pas une seule fois a-t-il démontré la moindre supériorité ou condescendance, tandis que son talent aurait pu l’y conduire. Trouver des défauts au Roi, c’est chercher la bête, c’est accepter de se retrouver en face du gendre idéal, le sens du but en plus.

"Après Bellinzone, je suis revenu dans la région, à Echallens, pour être plus près de mes proches et de ma famille." Albino Bencivenga reprend son histoire là où il l’avait laissée, en enfilant les pions, match après match, saison après saison. 30 buts à Echallens, pour deux saisons de 1e ligue.

Le Roi, une oeuvre d'art

Regarder Bencigol à l’œuvre, c’est se planter devant un tableau sublime, regarder le chef d’œuvre à l’œuvre. S’envoler dans les songes du merveilleux. Il est le bonheur en mouvement. La quintessence du beau. Jamais un geste n’est forcé, rien n’est jamais superflu. La grâce domine. L’esthète Bencivenga se déambule sur le rectangle vert, gracile, l’art du contre-pied, la force de frappe, la vision du jeu. Le Roi est un amoureux du jeu, dans son plus simple appareil: "En LNA ou en 3e ligue, marquer un but, c’est un sentiment de transe! Je joue tout le temps pour gagner, c’est mon grand plaisir. J’ai parfois une sale gueule (sic) sur le terrain, mais c’est toujours pour essayer de pousser mes coéquipiers quand je sens qu'ils peuvent être meilleurs."

Et lui, l'abonné aux goals, le serial buteur, celui qui marque en une saison ce que peu atteignent en une carrière, quelle est sa relation avec le but? Il a cet instinct primaire, presque bestial, de continuellement chercher la jubilation du geste final. "Ah, justement, parlons-en: les joueurs qui disent préférer faire une passe de but que de marquer eux-mêmes, j’ai quand même de la peine à y croire…" Albino leader, Bencivenga meneur, le Roi qui marque et qui fait marquer.

Il est un authentique amoureux du jeu, celui qui n’a jamais voulu mettre du beurre footballistique dans ses épinards, l’argent n’étant jamais son moteur: "Depuis que je suis à Champvent, avec toutes les offres que j’ai eues, j’aurais facilement obtenu les fonds propres pour construire une maison! Mais j’ai toujours refusé. Je me sens bien ici, c’est une vraie famille que je ne peux quitter. Autour de moi, j’ai beau expliquer que je ne touche pas un centime du club et que je paie mes cotisations chaque année, personne ne me croit. Oui, Jean-Daniel Tharin m’a engagé dans son entreprise, mais j’y étais déjà en 2004 lorsque je jouais à Champagne, donc deux ans avant de venir à Champvent."

Son salaire dans le foot

De l’argent justement, parlons-en. Et cash. To de go, Albino dévoile: 15,000.- par année à Echallens en 1e ligue, 4300.- en LNB, et 20,000.- en LNA à Yverdon. Point barre. A la ligne. "Bon, quand j’étais à Bellinzona, j’ai reçu des offres de 1e ligue. Et c’était 4,500.- par mois au noir, avec voiture et appartement. J'ai fait d'autres choix que ceux de l'argent. Et ce depuis le début."

Le football est un sport d’équipe, où l’esprit de groupe est vecteur de succès. Le football est une école de vie, qui immisce les règles de son existence. Au rayon du souvenir des plus anciens, l’homme-Roi a quelques souvenirs cocasses. "A Yverdon, Beat Sutter était vraiment impressionnant comme joueur, vraiment un cran au-dessus des autres. Après l’entraînement, il me criait souvent, eh gamin, cire-moi mes chaussures. Sans rechigner, je les prenais, et je le faisais. De toute façon, je n’avais pas intérêt à dire non..." Bernt Haas, gouailleur: "Lui, il m’a foutu le doigt dans le cul quand j’étais dans un mur!" Et puis le souvenir d’Alexander Frei: "Lors d’un Yverdon – Lucerne, on s’échauffait l’un à côté de l’autre, en même temps. On piaffait d’impatience, on voulait entrer sur le terrain. Là encore, quand je vois son parcours depuis…" Et puis Petar Aleksandrov, dans la lignée des têtes brûlées: "Quand il jouait à Aarau, j’ai l’ai vu dans le bus d’équipe fumer des clopes et boire de l’alcool. A part ça, il était sympa (sourires). Et qu’est-ce qu’il était fort." Sans oublier un petit mot pour son mentor, Leandro, 51 buts en 85 matchs à Yverdon: "Quel joueur. J’ai énormément appris de lui, il m’a tellement transmis de choses.  Je lui en dois beaucoup. A chaque fois qu'il revient a Yverdon, on se voit pour discuter du foot et de la vie."

Albino et le Milan AC

Dans la vie du Roi, il y'a la famille, le foot et l'AC Milan. D'où lui vient la passion des rossoneri? Tout naturellement. "J'ai toujours supporté l'AC Milan, il n'y a pas 36,000 explications à donner. Ce sont mes couleurs, presque mon sang. Quand j'étais à Bellinzone, j'avais pris l'abonnement saison, et j'étais très souvent à San Siro. Shevchenko, c'est un peu mon idole." Ceux qui ont déjà côtoyé Albino à San Siro le savent: l'homme est comme possédé dans les travées de Giuseppe Meazza. Les yeux révulsés, le regard impénétrable, il se métamorphose en pantomime habité par une passion iconoclaste. L'homme timide se transforme en véritable bête.

Albino et ses mimiques

On pourrait parler encore des heures avec le Roi, il a tant de choses et d’anecdotes à partager, tant à donner. Il reste un homme comme les autres. Il a ses habitudes de footballeur, propres et simplettes, ses mimiques superstitieuses: à chaque moment de doute, à chaque geste raté, même rare, il se recoiffe délicatement, pousse ses cheveux derrière ses oreilles, par réflexe. À chaque passage à vide, même sommaire, l'instinct du buteur qui fuit l'espace de quelques matchs, le voilà qui change de chaussures, on rachète une paire en vitesse, et on repart pour une trentaine de buts. Un homme comme les autres, Monsieur Bencivenga, superstitieux s'il vous plaît.

Père de deux garçons, on demande au Roi ce qu’il pense de sa propre carrière, s’il aimerait voir ses petits princes suivre sa trace. Il répond laconiquement, "s’ils peuvent faire une petite carrière comme la mienne, je serais déjà fier." Il n’empêche, on devine dans sa voix candide, vibrante, les yeux levés vers le ciel que oui, Albino Bencivenga aurait pu jouer plus haut. Qu’il a quelques regrets ici et là. Nous, on en est persuadé: avec un tel pied droit, un tel pied gauche, une telle vista, un sens du but si inné, une telle mentalité de gagneur, oui, Albigol aurait dû jouer plus haut, titiller le très haut niveau.

Et alors, s'il avait joué ailleurs? 

"Ecce homo!" se serait alors écrié le Président d’un club renommé, non pas sous un soleil d’été brûlant, mais plutôt dans une salle de presse climatisée, devant un parterre de journalistes accrédités.

Et certainement que le Roi aurait écrit l’un des plus belles pages d'un club autrement plus huppé.

Et le FC Champvent, il serait où dans tout ça, sans son Roi?

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Nom: Bencivenga
Prénom: Albino
Date Naissance: 04.11.1978
Statut: Roi
Etat-Civil: Marié, deux enfants


97-98 - LNB - Yverdon-Sport (12 buts)
98-99 - LNB - Yverdon-Sport (5)
99-00 - LNA - Yverdon-Sport (1)
00-01 - LNB - SR Delémont (11)
01-02 - LNB - AC Bellinzone (7)
02-03 - 1er Ligue - FC Echallens (17)
03-04 - 1er Ligue - FC Echallens (13)
04-05 - 2e Inter - FC Champagne (22)
05-06 - 1er Ligue - FC Echallens (10)
06-07 - 3e Ligue - FC Champvent (46)
07-08 - 2e Ligue - FC Champvent (20)
08-09 - 2e Ligue - FC Champvent (20)
09-10 - 2e Ligue - FC Champvent (42)
10-11 - 2e Ligue - FC Champvent (36)
11-12 - 2e Ligue - FC Champvent (34)
11-12 - 1er Ligue - Yverdon-Sport (1)
12-13 - 2e Ligue - FC Champvent (30)


Au FC Bellinzone, saison 2001-2002
Même au baby-foot, il enfile les buts
Il est le pire cauchemar des défenses

13 sept. 2013

Albino Bencivenga, le Roi des rois (partie 1)

Sur ce blog, nous l'avons très vite baptisé le Roi.  Albino Bencivenga est au club depuis 2006. Avant, c'était Yverdon-Sport, SR Delémont, AC Bellinzone, Echallens ou encore le FC Savoia. Il est le meilleur buteur vaudois depuis la nuit des temps. Plus de 330 buts en carrière.  Portrait d'un homme illuminé par le talent.

Photo: La Région Nord vaudois


Ecce Homo! Ainsi hurla Ponce Pilate lorsqu'il présenta l’enfant roi, Jésus Christ, à la foule en délire, un soir d'été à Jérusalem.

Ecce Homo, "voici l'homme", en français dans le texte.

Deux mille ans plus tard, un soir d'été brûlant et devant une poignée de coéquipiers médusés, Jean-Daniel Tharin aurait pu crier voici l'homme à son tour.

Albino Bencivenga débarquait ainsi au FC Champvent, le Roi arrivait, le miracle personnifié était intronisé, le maître prenait la tunique du modeste club Nord-vaudois. S'écrit alors la plus belle page de l'histoire du football chanvannais. Ni plus, ni moins.

Les rêves de grandeur

Plus de 220 buts plus tard, Albino porte toujours le chandail chanvannais. Autour de l’ivresse d’une petite bière et après un match où il encore fait tourner la tête de ses adversaires, le maître ressasse ses mémoires, s’extirpe de sa timidité apparente, et confie son passé dans les arcanes du pouvoir: "Jouer contre le Real de Madrid en 1996, c'était certainement mon plus beau souvenir en tant que joueur.  J’évoluais alors à Yverdon et en face de nous, il y'avait des joueurs de la trempe de Clarence Seedorf, Davor Suker, Fernando Hierro. C’était surréel. Pour l’anecdote, on a pris 3-1, mais ça reste secondaire. Sur le banc de touche, il y’avait un certain Fabio Capello, je n'avais d'yeux que pour lui." explique-t-il les étoiles dans les yeux, à moins que ça ne soit le contraire, les stars madrilènes qui se pavanent dans sa tête aujourd’hui encore, des souvenirs célestes pour un joueur lui-même devenu divin.

Il enchaîne: "Quelques années plus tard lorsque je jouais à Bellinzone, on avait reçu le Genoa – 9 fois champion d’Italie, quand même. Là, j’enfile un but, et on gagne 2-0. L’extase. Ce n’était bien sûr qu’un match de présaison, mais quand même, j’en suis extrêmement fier." Albino Bencivenga se souvient encore de l’année 2001 comme d’hier, de cette saison tessinoise comme de la plupart des 330 buts qu’il a inscrits au cours de sa glorieuse carrière.

Le Roi fait partie de la caste des buteurs qui compte ses pions, il est capable de détailler ses buts les plus lointains comme les plus proches, les importants autant que les insignifiants, les merveilles comme les laids; un extrait lui vient naturellement à l’esprit: "justement, le seul but que je marque en Ligue Nationale A, c’était avec Yverdon-Sport en 1999. Le ballon ne touche même pas le filet! Il a à peine franchi la ligne…"

A YS (18 buts), sous les ordres de Lucien Favre

Jeune et prometteur, ambitieux et téméraire, l’heure de faire des choix bat son plein, tic-tac tic-tac, la carrière n'attendra pas, rester en Ligue Nationale A avec Yverdon-Sports, faire du banc pour que son propre égo règne; ou partir pour s’assouvir, chercher ce fameux temps de jeu propice au développement personnel, et pour que sa propre volonté soit faite? "Lucien Favre me disait toujours, reste à Yverdon, fais-toi les os ici. Je suis resté une année supplémentaire, mais je n’ai jamais eu beaucoup de minutes pour me montrer. J’avais quand même été meilleur buteur du Tour de relégation en LNB deux années auparavant, avec 12 goals. Mais je n’arrivais tout simplement pas à gagner la confiance de Lucien Favre en LNA. Il a été un excellent entraîneur, mais je voulais jouer régulièrement, j’ai donc décidé de partir." YS, 18 buts entre 1997 et 2000, entre la Ligue Nationale A et la LNB, pas tant de temps de jeu, mais déjà un finisseur patenté.

Et puis le départ, par amour du jeu

Selon son agent John Dario, sa valeur sur le marché avoisinait alors les 435,000.- CHF. "Quand on m’a annoncé ma valeur, j’étais un peu déçu. Non pas pour le montant en soi, qui représentait beaucoup d’argent, mais parce qu’autour de moi, j’entendais des montants de transferts faramineux pour d’autres joueurs et je me disais que finalement, à bien y réfléchir, je ne valais pas grand-chose!" La Ligue Nationale A attendra, il fallait désormais s’aguerrir en LNB, donner tort à ce Ponce Pilate intérieur, celui qui promettait la croix et la bannière pour atteindre l’échelon suprême en Suisse.

Direction Delémont, où Heinz Hermann le veut absolument. Le Jura, une nouvelle terre fertile, l’instinct du Roi Bencivenga déjà frappe les esprits et les buts adverses: 11 goals, quasiment tous inscrits lors du premier tour.

A peine six mois après l’arrivée de l’homme-roi, Heinz Hermann est remplacé par Michel Renquin, "un fou". L’amour ne sera jamais réciproque et rebelote, il faut chercher la grâce ailleurs, voilà que l’enfer du foot lui fait un premier clin d’œil en guise d’avertissement. "Après Delémont, je me suis retrouvé au FC Savoia, en Série C italienne. Jouer en Italie, ça représentait quelque chose pour moi. Savoia, c’est vers Naples, c’est chaud, et ma foi là-bas, on avait carrément interdiction de sortir de l’hôtel. Je me souviens encore parfaitement du capitaine, un certain Sbrizzi. Un jour, il m’avait dit: c’est la jungle ici au Sud, toi, tu dois aller jouer au Nord. Je te donne un conseil, cherche un club ailleurs. L’atmosphère était pesante là-bas, et puis bon, le club a finalement fait faillite."

Un passage en Série C italienne, dans l'enfer napolitain

Du coup, retour à la case suisse, le coach Dellacasa l’attend pour deux ans à Bellinzona, tandis que Kriens lui avait proposé un contrat similaire. L’expérience italienne de Savoia lui vaut un passage dans les coulisses du mal, les non-dits du foot qui surgissent, la vérité crasse d’un monde guindé à la performance ultime. "On nous filait des pastilles bizarres. Avec ces trucs, on n’était jamais fatigués… On pouvait courir, courir, sans jamais se fatiguer. Même la nuit, ça turbinait. Franchement, ça m’a foutu les boules, je me demandais comment mon corps pouvait accepter un tel traitement, c’était intenable." Lui s’en tiendra là, la santé avant tout, la vie est longue, les buts n’attendront pas, certains de ses coéquipiers poussaient même le plaisir à d’autres entournures : "Je voyais des joueurs se piquer les cuisses. C’était trop."

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Albino Bencivenga, le Roi des rois, la deuxième partie, ce sera pour la semaine prochaine.  Nous y évoquerons son salaire de footballeur à l'époque, son amour du Milan AC, quelques souvenirs du haut niveau et son rapport avec le but.

En attendant, quelques liens.

AC Bellinzone–Genoa 2-0, un but de Bencivenga – AC Bellinzona

Joueur vaudois 2006-2007 – Cartonrouge

Contingent SC Delémont, saison 2000-2001 – Euro

Contingent AC Bellinzona, saison 2001-2002 - Euro

Un but face à Thierrens, en 2011 – Footmag (le but est à 4:28!)


L'homme implore le respect, sur et hors du terrain

Ecce Homo! (de Antonio Ciseri) Ponce Pilate annonce l'arrivée de l'élu

La facilité de l'homme-roi

Il connaît ses buts sur le bout des doigts

7 mai 2013

Champvent - Payerne 4-2 (2-1)




Tanfoltschan Ouattara est l'une des plus fine gâchettes de la 2e ligue. Depuis son arrivée à Payerne durant le mercato d'hiver en provenance du FC Portalban/Gletterens, l'attaquant payernois enfile des pions, enchaîne les bonnes performances, il est l’étendard de la nouvelle furia payernoise et de son second tour jusqu'alors parfait, cinq victoires en autant de parties.

"Comment avez-vous fait pour perdre 0-4 contre La Sallaz?"

En cours de match samedi soir, il aurait posé la question révélatrice, à l'intention de la défense chanvannaise: "Comment avez-vous fait pour perdre 0-4 contre La Sallaz?"

La question n'est en aucun cas condescendante, d'autant que La Sallaz va facilement sauver sa peau en 2e ligue, preuve en est cette victoire acquise à Assens (1-3) ce weekend. L'interrogation de Ouattara insiste plutôt sur le manque de constance de l'équipe de Tonton Tharin. Transparents face à La Sallaz justement (0-4), minimalistes versus Concordia (1-1), La Une est également capable du génial, à témoin cette victoire délicieuse, samedi dernier, face au leader du groupe, le Stade-Payerne (4-2). Une victoire qui confirme, déjà, le redressement populaire démontré a Jorat-Mezieres (4-1).

Le FC Champvent est ainsi capable de se transcender, ou de se liquéfier. On préfère clairement se fanfaronner devant la fluidité du jeu, l'esprit conquérant, la robustesse défensive d'un groupe qui comptait, à la trêve, sept points de marge sur la place de finaliste, tandis qu'aujourd'hui il lutte à distance pour y accéder. Son redressement est donc savoureux, il démontre avant-tout les capacités réelles d'un groupe qui grandit au quotidien.

Le quartet offensif cartonne

Samedi soir aussi, le club du Président Claude Meylan a retrouvé son buteur mirifique, toujours idéalement placé le Roi Bencivenga, lui qui acceptait avec honneur les offrandes de Dario Drago (12e et 54e) ainsi que celles de Éros Pitronacci (14e) et d'un Raphaël Vanotti (79e) décisifs.

Ces quatre joueurs a vocation offensive se sont sublimés, déterminants dans leurs percussions offensives. Derrière eux, le bloc central Pipic, Brunet, Favre, Salvi a cravaché dur, tenant en garde Tanfoltschan Ouattara et les siens. La performance fut totale, de A à Z, de l'attaque à la défense, des intentions aux actes concerts, le score final étant carrément flatteur pour... le Stade-Payerne selon le résumé proposé par l'excellent site footvaud.ch.

Seul bémol pour le FCC, l'expulsion de Nicolas Favre, coupable d'une maigre touchette alors que le même Ouattara s'échappait au but. Un petite retenue aux grandes conséquences. La suspension privera ainsi Nicolas Favre des prochains matchs, lui qui oeuvrait sereinement au sein d'une défense qui pleurait déjà ses nombreux absents. Avec la foultitude de blessures qui péjorent encore l'effectif -- qui doit régulièrement faire appel à l'aide de son équipe réserve -- le poids des absents pourrait, à terme, peser sur l'accumulation et la répétition des matchs à venir.

Surfer sur la vague et jusqu'à Grandson

Mais l'heure n'est pas aux complaintes. Au contraire. Il est venu le temps de savourer la dynamique chanvannaise, avant de confirmer l'étendue du potentiel et du talent qui habitent les entrailles du FCC. Une performance irréprochable de sobriété samedi soir, un état d'esprit centralisé qui a su repousser les occasions payernoises au stricte minimum. Une telle performance face à une équipe qui détient clairement les clés de la 2e ligue interrégionale a largement de quoi inspirer les futures sorties d'Albino Bencivenga et des siens.

Il faudra désormais confirmer la performance, dimanche prochain à Grandson. Et lorsqu'on sait à quel point le FC Champvent est capable d'allier le meilleur comme le pire, que le FC Grandson lui aussi, justement, sait élever son niveau de jeu lorsque l'enjeu le veut, l'opposition risque d'être chaude.

Mais Champvent se déplacera à Grandson avec la ferme intention d'enchaîner une troisième victoire consécutive.

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Champvent - Stade-Payerne 4-2 (2-1)

Buts: 12e Bencivenga 1-0; 14e Bencivenga 2-0; 32e Payerne 2-1; 54e Bencivenga 3-1; 79e Bencivenga 4-1; 87e Schmidli csc 4-2.



Notes: Terrain du Battoir… Pelouse grasse… 130 spectateurs… Arbitrage valaisan, qui avertit Brunet (jeu dur) et expulse Favre (84e, dernier recours)… Champvent termine la rencontre à neuf, après la sortie de Drago sur blessure en fin de match (84e)… Champvent sans Fressineau, Rameche (blessés), Lambercier (privé), Clément (suspendu)… Le brassard de capitaine a passé de Nicolas Favre au coup d'envoi, à Albino Bencivenga, qui l'a lui-même repassé à Sébastien Bardet pour les dernière minutes du match... Nicolas Favre est d'ailleurs le 4e capitaine de 2013... Présence de l’adversaire à la buvette: très bonne, merci au Stade-Payerne… Première victoire à domicile pour le FC Champvent en 2013… Nous saluons par ailleurs le Stade-Payerne, le seul (?) autre club de 2e ligue à vivre un peu sur Twitter… Menu de la buvette Chez Colette: grillades et saucisses… Résumé du match sur Footvaud.ch... Match tweeté en direct, avec quelques pronostiques... Les buts sont également sur Footmag...

Eros Pitronacci, facile...

Tonton Tharin, tendu...


Vendredi soir, au repas de Grandson, nous avions annoncé la performance du Roi...

10 sept. 2012

Un weekend à six points pour le FC Champvent

C'est l'histoire d'un weekend à six points.

C'est l'histoire de Kim Castellino et d'Albino Bencivenga, deux formidables buteurs qui inscrivent, l'un après l'autre, à quelques heures d'intervalle, des triplés efficaces, porteurs de trois points.

C'est l'histoire de Champvent II qui survit, samedi soir, aux assauts de Savigny-Forel, une vraie machine à enfiler les buts - 104 rien que la saison dernière.

C'est l'histoire de Champvent I qui s'impose, dimanche après-midi, sur le terrain d'Assens, une forteresse coriace, sa dernière defaite remontant à jadis, au 30 Octobre 2011 pour la précision.

Deux matchs, deux scenarii

Du match face à Savigny, d'abord. Il paraît que c'était de la 4e ligue. Mais samedi soir, le rythme et le niveau étaient à d'autres encolures de l'avant-dernier échelon vaudois; les actions se sont succédées, les revirements aussi, le beau jeu, surtout. Bon gré mal gré, Champvent a survécu aux assauts répétés d'une superbe équipe de Savigny pour atteindre la pause avec un seul et unique but d'handicap, malgré une soumission constante. Comme s'il suffisait de laisser passer l'orage. Jusqu'à ce que Kim Castellino y mette du sien. Et puis, 3-1, score final. Merci m'sieur dames.

Le lendemain, rebelotte. Et en 2e ligue cette fois-ci. A court de compétition, le FC Champvent a paru lourd sur pattes, à la recherche d'un élan quelconque, surtout après trois semaines sans championnat, soit une éternité, dans le monde du foot. Las, ce souffle n'est jamais venu, la deuxième vitesse encore moins. Mais à la fin, l'adage est bien connu, gagner sans être bon c'est toujours bon à prendre; on se plaindra le jour où on perdra en étant bon. Et gagner sans briller, c'est autrement plus facile lorsqu'en ses rangs se pavane un certain Albino Bencivenga: deux buts du gauche, un autre de la tête, marquer du pied droit - celui qu'on dit être son bon pied - après tout, c'est presque trop facile pour le Roi, même si sa frappe du pied droit avait bel et bien franchi la ligne juste avant le 1-2 de Sacha Clément.

Revivre les matchs, c'est possible.

Voilà donc la belle histoire. Pour les archives et pour les mémoires, elle sera celle d'un weekend à six points, avec deux triplés, chapeau bas messieurs.

L'histoire du weekend, aussi, vous est continuellement narée sur le célèbre réseau social Twitter.  Twitter, tout le monde en a entendu parler, mais personne n'y est inscrit.

Et Twitter, c'est bien joli, c'est bien beau, mais ça ne doit pas être synonyme d'excuse, celle de se cloîtrer chez soi, de jubiler, à distance, devant le génie de nos buteurs. Un coup du chapeau, ça se vit en live, sur place, au Terrain du Battoir ou ailleurs, une bibine à la pogne, l'oeil rivé sur les exploits des uns et des autres, surtout ceux de Kim Castellino et d'Albino Bencivenga.

Ce weekend, l'histoire du FC Champvent version 1.0 et 2.0 a été relatée en direct, via votre dévoué compte Twitter.  Morceaux choisis:

 Savigny, c'est fort. Et on s'y attendait. Samedi soir à 19:06, ça c'est confirmé:

Ensuite, les avertissements, toujours pour les mêmes:

Le tournant du match.  Parce qu'à 0-2, c'aurait été une autre paire de manches:

Et pendant ce temps-là, Bod payait une tournée:

Et Kim égalisa. Le début du règne Castellinien:

Anthony Vial distille encore quelques caviars:

Et pendant ce temps-là, Andrea Pedrazzini sauve les meubles:

Et le coup du chapeau pour Kim, le jour de son anniversaire. D'ailleurs, trois membres du FC Champvent sont nés le 8 septembre.  Mais neuf mois avant septembre, c'est bien le Nouvel-An, non?  Sans alcool, la fête est-elle vraiment plus folle?

Le lendemain à Assens, ça se confirme, c'est toujours les mêmes qui écopent:

Et le Roi qui se met en marche:

A la fin, c'est quand même 1-2 pour Champvent, juste avant la mi-temps:

L'expulsion la plus intelligente du monde de tout les temps de l'histoire du football romand. Deux cartons jaunes pour deux insultes futiles:

Et de deux pour Albigol:

Peut-être le highlight du match, pour un Christophe Berthaux qui revient en grande forme:

Du côté des people, il y'avait Anthony Favre:

Et puis le Roi corse l'addition:

Ce qui ravit l'un de nos suiveurs, sur Twitter:

Sur cartonrouge aussi, on a eu droit a un petit résumé de Julien Mouquin.  C'est à lire ici.

Sur Footmag également, quelques notes, dont les propos au patron Jean-Daniel Tharin.  Ca, c'est ici.

Deux matchs six points, c'est bien.

20 août 2012

Trois points pour le FC Champvent. Et 200e but pour Albino Bencivenga



Un score a ça de préconçu, il renvoie à des assomptions parfois maladroites, souvent il ne reflète pas la physionomie d'un match -- les aléas du football -- il est parfois menteur, souvent ne retranscrit pas les forces en présence.

Champvent a peut-être mérité sa victoire à Prilly, mais 0-3, faut pas pousser mémé, ça fait quand même cher payé. La différence entre lui et le FC Prilly? Le réalisme offensif, un secteur où Albino Bencivenga et les siens ont brillé d'efficacité; une catégorie où les disciples à Edin Becirovic ont failli.

Mentions spéciales pour Olivier Glauser et Albino Bencivenga

Autre clé de voûte: les rôles des gardiens. Si le portier local n'a pas grand-chose à se reprocher -- le voilà bien innocent sur les trois buts chanvannais -- Olivier Glauser, lui, a été décisif; un dernier rempart parfaitement en osmose avec sa défense, la confiance règne, repoussant toutes les offensives locales, à chaque fois que les attaquants lausannois daignaient cadrer leurs frappes. À 0-0 puis à 0-2, il a réussi les interventions divines, privant l'adversité d'un retour au score qui aurait insufflé un regain de confiance, de quoi pousser les velléités du FC Prilly-Sport. Preuve en est ce double arrêt de la 64e minute, ou cette mise à terre éclair de la 8e, voire de la 71e.

Mention bien pour la défense chanvannaise. Elle qui a su priver Edin Becirovic du moindre but, un exploit en soi; elle qui a su pallier à la sortie de Fouad Rameche (malade) à la mi-temps; Christophe Bertheaux a fait le job, Guillaume Salvi a brillamment comblé l'axe de la défense, Simon Schmidli, de son côté, s'est contenté du maximum, soit de ne rien laisser passer. Tenir le FC Prilly au mutisme, voilà une bien belle idée, déjà.

Munos, Brunet, Pitronacci: ça joue… 

Il y'a aussi cette triplette du milieu de terrain à Champvent. Un trident composé de joueurs en parfaite symbiose, Adrien Munos qui ratisse large, Jason Brunet qui se déploie généreusement, et Éros Pitronacci, superbe esthète à l'art du contrepied génial, l'homme doté d'une vision parfaite, celui qui distille le jeu chanvannais. Dans ce domaine-là encore, l'équipe à Jean-Daniel Tharin, Florian Simonin et Michel Duvoisin a des arguments à faire valoir, surtout lorsqu'on connaît les joueurs qui rongent leur frein sur le banc de touche...

Albino Bencivenga, 200e but sous les couleurs du FC Champvent

Mais il y'a encore et surtout l'inusable Albino Bencivenga. La pierre angulaire du FC Champvent. Celui qui fait basculer un match à tout moment, surtout lorsque l'instant est propice. Il a d'abord victorieusement repris, de la tête, un centre de Sacha Clément (35e), avant d'envoyer un missile de coup-franc (37e) par-dessus le mur et sous la latte, une frappe géniale, millimétrée, une réussite qu'aucun autre joueur de 2e ligue n'est capable d'égaler, ne serait-ce que dans ses rêves les plus onanistes.

On ne pouvait rien demander de mieux de la part du Roi pour commémorer son 200e but sous la tunique du FC Champvent. Bencigol, c'est plus de 35 buts en moyenne par saison, un leadership naturel, le mec qui tire les autres vers le haut, qui impose, de par sa superbe, le respect de tous; le type de joueur que tout le monde adore, non seulement pour son talent inné, mais déjà pour ses qualités humaines. 200 buts, un grand coup de chapeau à l'homme habitué aux coups du chapeau.

Le FC Prilly fera bien partie des candidats aux finales

Quid du FC Prilly dimanche matin? Indéniablement, l'équipe est pétrie de talent. Mais entre suspensions (Zakarias) et quelques recrues pas encore qualifiées (dont Nelson Borges, ex-Lausanne), il lui a manqué de tranchant au moment de conclure. Mais que serait-il donc arrivé si les prillérans avaient ouvert le score, sur leurs quelques franches occasions du début de match (4e, 8e, 17e)? Nul ne le saura jamais, évidemment. 

Encore une fois, il ne faut pas s'attarder sur la sévérité du score. Non, Champvent n'a pas l'étoffe d'une équipe qui survolera le groupe, loin s'en faut. Et oui, il faudra incontestablement compter avec le FC Prilly cette saison, tant son contingent paraît fourni, en adéquation avec ce que requiert une place de finaliste.

Chacun sait à quel point tirer des conclusions hâtives, en début de championnat, peut-être trompeur. A Champvent de confirmer l'exploit de Prilly, mardi prochain (28 août) en Coupe Vaudoise face à Vaulion déjà, puis samedi (1 septembre) à domicile face à Concordia.

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Prilly-Sport - Champvent 0-3 (0-2) 

Buts: 35e Bencivenga 0-1 ; 37e Bencivenga 0-2 ; 54e Licciardi 0-3

Champvent: Glauser; Schmidli, Rameche (46e Bertheaux), Favre, Salvi; Munos, Brunet, Clément, Licciardi (66e Vanotti), Pitronacci (82e Pipic); Bencivenga.

Notes : Fleur de Lys, 150 spectateurs... Magnifique pelouse... Température caniculaire, deux pauses-boissons ont été instaurées, une par mi-temps... Joueurs à disposition du FC Champvent: Chabod, Fressineaux, Hamann, Mehmedovic... Non convoqués: Yayla, Ode... Champvent sans Bonzon (vacances), N.Glauser, Beso (convalescents)... 200e but sous les couleurs du FC Champvent pour Albino Bencivenga... Premier match officiel sous la tunique du FC Champvent pour Michaël Licciardi et Eros Pitronacci... Premier but officiel pour Michaël Licciardi au FCC... Avertissements à Schmidli, Clément (réclamations) et Pipic (jeu dur)… Champvent joue en blanc... Affiche du match... Menu de la buvette: poulet frites (superbe)... L'adversaire qui regarde dans les yeux au moment du shake-hands: oui, tous sans exception, ça fait plaisir... Présence de l'adversaire à la buvette: très bien, comme toujours avec Prilly... Caisses de bières offertes par Jacky Pittet, Nicolas Glauser et Yann Jaquemet, merci!... Match tweeté en direct par Bart Clément...

Hasta Siempre!

200 buts pour le Roi Bencivenga. Exceptionnel!

30 avr. 2012

Bosna - Champvent 1-2 (1-1)


--> Victoire importantissime pour le FC Champvent
--> Pas forcément méritée, elle compense les maladresses passées

Jouer à Bosna ressemble au pensum ultime: pelouse étroite, gazon bosselé, adversaires stoïques, la passion comme seule alternative à un terrain qui ne permet pas le jeu, encore moins la moindre succession de passes. Boom-badaboum, montez je construis.

Pour ne rien arranger aux affaires chanvannaises, l'adversaire bosnien jubilait d'une forme resplendissante, bien loin de ses soubresauts du premier tour qui l'empêtrait dans la zone de relégation. Invaincu depuis la reprise (2 victoires et 2 nuls) -- avec deux points glanés face aux cadors de Renens (1-1) et du Stade Payerne (0-0) --, les représentants des Balkans s'imaginaient gaiement accrocher le scalpe d'une troisième tête de série, un voisin honni, une victime nommée Champvent.

Un FC Champvent privé de quelques-unes des ses meilleures armes offensives, Raphaël Vanotti étant blessé pour le reste de la saison, Lianel Lauper aux cours d'entraîneur de l'ACVF (oui, ils font ça pendant les weekends de championnat, l'ACVF).

Ni Champvent, ni Bosna n'aurait mérité de perdre

Et dimanche après-midi, le FC Bosna a bien failli contraindre le FC Champvent à un nouveau score de parité. Failli. Il s'en est fallu d'un rien -- d'une main -- d'un penalty dans les arrêts de jeu. Une sentence cruelle mais totalement justifiée, qui ponctuait une partie que ni Champvent, ni Bosna n'aurait finalement mérité de perdre.

Mais dans le football, la loi du juste n'existe pas. Dominer n'est pas gagner. Mériter, ce n'est jamais forcément gagner. Le FC Champvent le sait mieux que quiconque, lui qui vient d'égarer frustement cinq points sur l'autel des regrets; merci Renens, merci Jorat-Mezieres.

Un scénario de match écrit d'avance

Dimanche à Bosna, le scripte était écrit d'avance: match physique, engagé; peu d'occasions, beaucoup de ratés; un temps de jeu effectif qui frise le ridicule entre sorties en touche, six mètres et autres arrêts de jeu rédhibitoires.

La première mi-temps a merveilleusement symbolisé un après-midi cloisonné à l'anti-football. Une occasion à gauche sur une tête de Haso (8e), quelques occasions à droite pour Schmidli (14e) ou Bencivenga (27e). Entre temps, deux penalties chacun pour des mains qui traînent maladroitement. 1-0 par Bencivenga (31e). 1-1 par Talovic (35e). Rien de plus, rien de moins, juste quelques encablures indociles et un jeu hâché.

Albigol, l'homme de marbre

2e mi-temps, rebelote. Peu ou prou d'occasions, pas de jeu, du kick and rush à outrance, quelques bribes d'incursions à gauche à droite, pour finalement s'en remettre à l'arme de survie par excellence: les coup-francs, même ceux du milieu de terrain.

Et ce jusqu'au tréfonds des arrêts de jeu. Une ultime tentative désespérée, un énième ballon parachuté dans le camp bosnien, et voilà que Mirza Pipic expédie subtilement le cuire par dessus la défense, une passe interceptée par un bras bosnien, carrément décollé du corps, pour offrir la chance rêvée à Tonton Tharin et les siens, un pénalty en guise d'échappatoire au piège bosnien.

Dans l'exercice des nerfs, Albino Bencivenga est glacial. Imperturbable. La saison du FC Champvent est à ses pieds, le Roi est à neuf mètres du bonheur, à quelques secondes des trois points, lui qui a trotté 93 minutes dans le vide pour une effort plein de frustration.

Juste retour des choses

Cette semaine, les meilleurs joueurs du monde -- Messi, Ronaldo -- avaient échoué dans l'exercice. Dimanche au terrain des Îles, le meilleur joueur de 2e ligue, lui, n'a pas failli. Contre-pied parfait. Délivrance totale. 1-2 pour Champvent, presque inespéré, pas vraiment mérité, mais trois points qui compensent clairement le manque à gagner des récentes péripéties chanvannaises.

Pour Champvent, les célébrations resteront courtes. Car dès mardi soir (20:00), il faudra remettre l'ouvrage sur le métier, valider ces trois points durement acquis au dépens d'une valeureuse équipe du FC Bosna, qui fera souffrir bien d'autres équipes sur son terrain des Iles.


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Bosna - Champvent 1-2 (1-1)

Buts: 31e Bencivenga (pen) 0-1; 35e Talovic (pen) 1-1; 93e Bencivenga (pen) 1-2.

Champvent: Glauser; Schmidli (49e Chabod), Rameche, Salvi, Bonzon; Favre (67e Pipic), Munos, Berthaux, Brunet (77e Ad.Bencivenga), Clément; Al.Bencivenga

Notes: Terrain des Iles... Temps idéal, pelouse étroite, bosselée, difficlement pratiquable... 120 spectateurs, dont de nombreux chanvannais, merci pour le soutien... Avertissements à Munos, Berthaux, Pipic, Brunet (jeu dur)... Sortie prématurée de Schmidli suite à un coup de coude reçu à la tête (49e)...  Champvent sans N.Glauser, Vanotti, Beso (blessés), Lauper (cours d'entraîneur)... Première titularisation pour Adrien Munos, de retour de blessure... Premier match pour Olivier Glauser après six mois sans compétition... Vestiaires: grands et bien aménagés... Menu de la buvette: cevapis... Prix d'entrée du match: 8.-- (un peu cher, non?)...  Bière à 4.--...  Présence de l'adversaire à la buvette: bien... Salutations à Monsieur Salvi, le papa à Guillaume, fidèle suiveur de ce blog... Match tweeté en direct par Bart... Photos de Bart, Vanotti, Simonin... Résumé sur footmag...

Le Roi Bencivenga, lui, ne craque pas au moment de conclure...

...Simon Schmidli a été remplacé, étourdi par un coude de coude...

...Beaucoup d'engagement, mais du fair-play malgré tout...

...Florian Simonin, un assistant serein...

...Fouad Rameche, patron d'une défense qui a souffert, mais qui n'a pas plié