Le week-end dernier, c'était triple header au Battoir. Trois matchs à domicile pour les trois équipes du club, trois points en jeu pour tous les trois, trois opportunités pour remplir les tiroirs de la buvette 'Chez Colette', trois fois trois pouvait faire neuf points - comme à la belle époque.
On s'en contentera de six, de points. 66% c'est bien.
Alors commençons par le début.
Champvent II - Veyron-Venoge 4-1
D'abord, ce fut La Deux. L'équipe de Florian Magnin -- qu'à l'interne on surnommerait Marcelo Bielsa -- joue le haut du tableau, contre Venoge elle a dû jouer des coudes. Bousculé comme rarement cette saison, Champvent a su faire fi de la finesse adverse: "au début, ils se trouvaient bien, jouaient vite. Nous, on était un poil en retard et ce qui devait arriver arriva, 0-1. On n'avait plus trop l'habitude d'être mené." Sébastien Bardet, toujours aussi adroit dans l'analyse, très droit dans ses gestes défensifs, personne ne se lassera jamais de voir tant d'élégance sur le terrain, diantre que c'est beau, oui, la main de fer dans le gant de velours, avec lui tout à l'air simple; presque autant que ce 0-1: "tu as vu l'élévation du type? C'est l'un des plus petits sur le terrain mais il prend tout de la tête; au milieu de terrain c'était pareille". En face, Christian Leuenberger, 25 ans de club, contrecarre, presque révolté: "il était seul! Faut le bousculer! Lui marcher sur les pieds b**del! C'est quoi ce marquage?!" Au final, peu importe, car Champvent enclencha alors la seconde. Quatre pions en un rien de temps, de quoi ne laisser nul regret à Veyron: "Bien sûr, ils ont baissé physiquement. Mais ça, c'est aussi parce qu'on les a pressés. L'expulsion les a coulé", Commader in Chief Magnin, satisfait mais laconique: "on a encore du boulot", tandis qu'Alex Perret souriait à côté, prêt à sortir picoler, festoyer stricto senso son 7e but de la saison. La Deux semble ainsi enchaîner les matchs comme les victoires, avec la sérénité d'un bouclier anti-averse, rien ne le perméabilise, surtout pas les atermoiements dans ses buts (déjà 4 gardiens utilisés en 7 matchs).
Tendance: à la hausse. Qui peut lui barrer les Finales?
Champvent III - Rances II 3-4
Dimanche matin, La Trois. Là c'est spectacle. Renversement. Et renversant. Tout y passe: la catastrophe jusqu'à ce 0-3 de la 57e; la beauté du foot jusqu'à cette 91e où Champvent rate seul au but -- c'eut été 4-3! -- et juste derrière pim, 3-4. "C'est cruel" lâchait le génie Tyty Golay, gamechanger de son état, entré en jeu à 0-3 il retournait alors tout: la défense de Rances (devenue subitement caduque); les filets adverses (il y va de son doublé), l'emprise sur le match (le momentum avait changé); les espoirs du public (qui râlait déjà); les gamins derrière le but (qui ne jouaient plus mais regardaient le spectacle). Patrick Girard, central de Rances, lançait alors "il y a une justice!" au moment du coup de sifflet final, un brin partial mais chaud bouillant, alors que Golay, génial comme toujours éludait: "un nul aurait été plus logique". Le foot, en Champions League comme en 5e ligue, ca fait rêver les foules, qu'ils soient 45,000 au Bernabeu ou 45 au Battoir, ça jubile, ca chavire, au Battoir on peut commander une bière sans perdre du regard le match, oui "Chez Colette" 45 secondes suffisent, à Bernabeu à la mi-temps on y va pas, on n'a pas 45 minutes à perdre pour une bière sans alcool et un foot sans passion.
Tendance: à la baisse. Puisqu'elle perd trop souvent.
Champvent - St-Prex 2-1
La Une est morte, vive La Une! Après avoir gambergé de longues semaines durant, défaite retors, enfin la victoire retourne. Mais du temps pour que victoire se dessine, il en fallut. Seule certitude: meilleure, La Une l'était, dimanche dernier. St-Prex n'avait rien fait, quelques voluptés pour la forme, sinon rien, si ce n'est repousser Champvent. Explications: "il nous manque 4 titulaires, comment veux-tu faire?" raisonnait un supporter sis derrière le but avec nous, il semblait honnête, l'accent vaudois en sus, lui qui fustigeait autant ses propres joueurs que les nôtres, lorsque la bêtise du foot trouvait son apogée (91e, expulsion). "Tu as des cerveaux à louer?" demandait Christian Leuenberger au Président au moment où le banni sortait. Rien a rajouter. Enfin oui, et des belles. Déjà Jason Brunet, qu'on arrêtera d'encenser car il va prendre le Melon, mais que son activité est belle lorsqu'il devient pitbull guerrier, terrier à l'affût, récupération précoce, relance tardive, perspicace, discipline, parfois cela écœure. A l'inverse il y a aussi Le Roi. Remplaçant pour une fois, Albino Bencivenga entre, anticipe, fixe, quel luxe ce remplaçant de luxe, qui marque le GWG (84e) Tonton Tharin rigole: "attention Albino, rentrer et marquer c'est un bon signe pour l'entraîneur; pas pour toi la prochaine fois". Le Roi botte en touche, remet la main sur le dossier du jour: "ce match-là, il fallait le gagner, sinon le train de tête partait sans nous."
Tendance: à la hausse. La Une est dans le bon wagon.
2/3, 6 points, 66%.
Trois matchs six points. Pas de quoi pavoiser, juste de quoi provoquer des chutes à la buvette, du monde bien ému a perdu pied, un peu éméché, tout émoustillé par tant d'allégresse.
Vive le foot.
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19 oct. 2016
23 déc. 2008
Le FC Champvent aux honneurs

Votre blog avait, l’espace d’un billet d’humeur («l’avenir morose du FC») adopté des prévisions dantesques quant à l’avenir cyclique du club, adoptant un ton réducteur de situation de crise.
Pourtant, la vie du FC Champvent est pour l’heure, carrément aux antipodes de ce sombre pronostique. L’excellent journal La Région confirme la bonne dynamique du club, puisque le journal a nominé quatre chanvannais dans sa première édition de "l’équipe de rêve du football régional nord-vaudois". Cette sélection, mettant en valeur les "joueurs les plus en vue du premier tour", est un magnifique plébiscite pour la reconnaissance des petites ligues.
Cerise sur le gâteau, le FC Champvent est le club le mieux représenté avec Sébastien Bardet, Albino Bencivenga, Olivier Glauser (tous trois également nominés dans l’élection du meilleur joueur du premier tour du FC Champvent) et le formidable Président Claude Meylan.
Toujours bienvenue, une telle reconnaissance encense les nominés, mais surtout, elle offre une image positivement réjouissante du FC Champvent, à l’image de ce plaidoyer pour Claude Meylan: "Président Melon a réussi le tour de force de jouer les premiers rôles en 2e ligue en quelques années, tout en conservant un état d’esprit proche de ses racines. Si Champvent est un club exemplaire, c’est aussi grâce à l’enthousiasme généré par son Président."
Une dithyrambe qui suffit, à elle seule, à faire taire (provisoirement ?) le pronostique futile de notre billet d’humeur.
De quoi passer l’hiver au chaud.
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L'article complet
8 févr. 2008
Match aux cartes

Marcel Pagnol a dit: «si on ne peut plus tricher avec ses amis, il faut arrêter de jouer aux cartes». D’une rhétorique moins subtile, un habituel joueur du jeudi soir du bistrot de Champvent s’agace, sans vergogne, ni retenue : «celui-là peut crever, c’est le pire fouineur aux cartes !» Ambiance de carteux donc, où des matchs se règlent à grand coup de blasphème, et de regards douteux. Le monde du hasard des jeux de cartes, là où la liberté de tricher n’est pas une sinécure.
A l’heure où le poker à la Patrick Bruel fait basculer l’ire tapageuse des amoureux des cartes en un défouloir à pognon, le FC Champvent a tenu à maintenir sa tradition bien gardée, en organisant, vendredi dernier, un tournoi de chibre. Au revoir donc les tapis, check, ou quint flush. Et welcome back le bour, le nell et autres chteukr !
Au total, une centaine de joueurs se sont amassés dans le vétuste salle champvannaise, tous dotés d’ambitions personnelles clairsemées. La victoire à tout prix pour les uns, la joie de taper le carton pour les autres. Si certains se cachent derrière la barrière ludique des cartes pour parfaire leur amour à la clope et à la boisson, d’autres aiguisent leurs qualités, souvent fanfaronnes, de stratégistes qualifiés, que le hasard de la distribution des cartes n’affecte point, tant ils s'annoncent comme doués.
Après près de quatre heures de jeu, la victoire est revenue à un couple bien connu des instances du FC Champvent ; puisqu’ils les représentent eux-mêmes. Le Président et l’entraîneur de la première, Claude Meylan et Jean-Daniel Tharin, tout heureux de dominer l’adversité, et de repartir avec les fromages, et les trains de côtelettes des vainqueurs.
Heureusement, tout le monde n’a pas gagné, et la disconvenance parfaite du succès à Melon et Tonton a un nom: Mathieu Jaquemet. Grand joueur de cartes devant l’éternel, Jacko a réussi la (bonne ?) performance de finir rond, enfumé, et avant dernier au classement. Au bonheur des excuses stratégiques, Mathieu en connaît un rayon : «oui, mais David (ndlr Fürst) jouait n’importe comment !». Plausible ? Pas tellement, puisque l’année dernière, Mathieu avait déjà terminé... dernier !
Bref, merci encore à tous les joueurs qui ont soutenu notre club en participant à ce match aux cartes. A l’année prochaine pour un nouveau tour de triche, eh non, de chibre !
Voici le classement, de quelques lecteurs du blog (cliquez pour agrandir).

Mathieu Jaquement, à gauche, bien malheureux cette année encore... (cliquez pour voir la couche à Bardet!)
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