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8 mai 2014

Ils vont bien, merci pour eux

Le FC Champvent est un club qui aime donner sa chance aux jeunes, ou redonner une seconde chance à ceux qui cherchent la rédemption. Telle est la politique du club, qui ne rémunère guère, qui n'est pas rancunière, qui offre du temps de jeu à celui qui sait y faire.

Il n'est donc pas incongru de revenir, brièvement, sur le parcours de quatre anciens joueurs du cru, trois d'entre eux étaient de l'épopée des Finales de promotion en 2e Ligue inter l'année dernière, le dernier l'était lors des Finales de 2012.

La faute à Vevey

D'ailleurs, osons le dire: si le FC Champvent avait eu l'outrecuidance de vaincre Vevey l'année dernière - tristes souvenirs - certainement que la plupart de ces joueurs seraient encore détenteurs du passeport à croix chanvannaise. Tant pis pour nous. Tant mieux pour eux. Puisqu'ils cartonnent ailleurs.

Alors bien sûr, voir des anciens du club s'épanouir sous d'autres latitudes, après avoir fait leurs armes au Battoir, c'est l'ego du club tout entier qui jubile. Mais à cette condition unique: que ces joueurs s'en aillent à un niveau supérieur exclusivement. Pour ces quatre joueurs, non seulement sommes-nous ravis de les voir s'aguerrir dans des clubs plus huppés; mais surtout sommes-nous fiers - notre ego s'émancipe tout ça de plus - de s'apercevoir que même sans eux, sans leur talent, sans leur leadership, sans leur aura, nous sommes toujours dans la (très) bonne partie du tableau en 2e ligue.

Une politique qui paie

C'est peut-être là la meilleure preuve que la politique du club est bonne, saine, qu'elle permet de s'inscrire dans la durée. Nul ne sait où sera le FC Champvent dans 10 ans, mais aujourd'hui, il vaque à de saines occupations. Tant qu'il donnera sa chance aux jeunes, son futur semble dégagé et propice à tout, surtout au plaisir de voir des équipes compétitives œuvrer au Battoir.

Petit tour d'horizon dudit quartet.

Nous parlons ici de Lianel Lauper, Guillaume Salvi, Eros Pitronaci et Dario Drago.

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Lianel Lauper
Cooma Soccer Club
National Premier League

Lui
Lui a connu la promotion, tout de suite après avoir quitté Champvent en 2012. Destination Bavois, ou il grimpe en 1e Ligue sans s'attarder à l'échelon de la 2e Ligue inter. Il monte direct dans la hiérarchie, il est même titulaire, sans chichi ni atermoiement. Quand on connaît sa motivation aux entraînements, on n'est pas surpris: il est le premier à venir, le dernier à partir. Désormais en voyage linguistique en Australie, il s'éclate totalement, avec toute l'insouciance qu'on lui connaît. Il milite en National Premier League, dans un style qui doit lui correspondre tout à fait. Et en plus il joue. Son analyse du football australien: "Ici, le style de jeu est très différent. C'est dur à comparer avec un niveau de chez nous. Je dirais que tactiquement, ils ont vraiment du retard, je considère le niveau tactique à une petite 2e ligue. Techniquement, ça ressemble à de la 2e Ligue inter et physiquement, les australiens sont plus que prêts! C'est du niveau 1e ligue promotion. Nous travaillons beaucoup la condition physique (à chaque entraînement...) et parfois ce n'est pas très ludique. Concernant les trajets, j'apprends a patienter... Le mardi et mercredi, je m'entraîne à Cooma qui est la ville la plus proche d'où j'habite (1h30 aller-retour) et le jeudi, je m'entraîne à Canberra (4h30 aller-retour) tout cela pour un entraînement, mais comme dis le diction "quand on aime, on ne compte pas" Ah, et j'ai demandé d'avoir un certain numéro 17, en hommage au meilleur buteur de la région!"

Lianel Lauper, au Canberra Times.  Un brin de simulation?

Lianel Lauper, un nom difficilement anglophone...
Le Cooma Soccer Club, presque le Battoir



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Guillaume Salvi
FC La Sarraz
2e Ligue inter

Lui
Lui est arrivé à Champvent la queue entre les jambes, les poils qui poussent tout juste au menton, tout juste sorti des À Inter. Il débute remplaçant. Il patiente, même s'il est impatient d'en découdre. Et puis il devient titulaire. En six mois, il se mue en mur, impassible défenseur, titulaire en puissance et machine de travail. Il ne rate pas un entraînement, ne passe au travers d'aucun de ses matchs. Il est la pièce maîtresse de la défense chanvannaise. Tout ça en une année. La patience a ses vertus; un adage dont beaucoup pourraient (devraient) s'inspirer. Le voilà désormais à La Sarraz, en 2e Ligue Inter. Il se murmure que plus haut, on cherche déjà à l'enrôler, à sonder ses intentions. Pas étonnant, quand on connaît son assiduité à l'entraînement. Et son potentiel qui reste sans fin. D’autant plus qu’il se met à marquer quelques buts du côté de La Sarraz, alors que chez nous, il avait plutôt tendance à tirer à côté...  On vous le dit ici, sans ambages, sans digression: ce jeune-là ira encore plus haut.

Guillaume Salvi, à gauche.  La constante progression
Un bon gars, qui aime titiller...


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Eros Pitronaci
Yverdon-Sport
1e Ligue

Lui
Lui c'est le football incarné. À Champvent nous avons le Roi Bencivenga, lui était son Prince. Il a ça dans les veines, Eros. Il est facile, aisé, si les Dieux du football avaient une morphologie, ce serait celle de Pitronaci. Un gabarit svelte, des jambes longues comme son talent l'indique, une facilité qui fait mal aux cabochards, ceux qui doivent travailler pour réussir. Il est certes timide, un brin réservé, à moins de le connaître en prive, mais il a bien toute la panoplie du virtuose. Il lui incombe désormais de passer un cap, devenir la figure de proue d'Yverdon-Sport.

Eros, du bon temps de jeu à YS.  Et il est encore jeune
Tranquille, Eros

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Dario Drago
FC Oberwallis Naters
1e Ligue Classic

Lui
Lui avoue des regrets, quant à sa prestation à Champvent. "J’ai été nul pendant les matchs importants", clame-t-il haut et fort. Aujourd’hui, lire ses exploits à Naters, semaine après semaine, ça nous fait sourire, tandis qu'on s'attendait surtout à ce qu'il fasse pleurer les défenses de 2e ligue. Dario est un joueur atypique, son caractère l'est tout autant. On sentait bien qu'il avait quelque chose, ce joueur, mais il nous est venu blessé, en manque de repère et de confiance. Une fois ces denrées retrouvées - comme cela semble être le cas à Naters apparemment -, on comprend mieux tout le bien qu'on attendait de lui, ici à Champvent. Après le Battoir, Dario Drago a eu sa chance en 1e Ligue, il a su la saisir, puisqu'il est le meilleur buteur du club.

A Nater, il fait le spectacle


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Quatre joueurs passés au club récemment.

Quatre joueurs atypiques.

Quatre joueurs qui s'émancipent ailleurs.

Tant mieux pour eux.

10 oct. 2013

Juniors B: MJOR-Yverdon samedi à Champvent

Sur ce blog, trop rares sont les occasions où nous évoquons nos équipes de juniors, dont les jeunes pourtant pullulent à Champvent.

Faute d'un peu de temps, de beaucoup de temps, de temps libre, d'un moment creux, voire d'un peu de temps à tuer - non, nous n'avons pas le don d'ubiquité -, nous délaissons donc au Mouvement Juniors Orbe en Evirons (MJOR) le soin de relater, sporadiquement ou pas, les succès et aventures des futurs starlettes de nos contrées.

Une fois n'est pas coutume, le FC Champvent vous propose pourtant un déplacement au Stade du Battoir, afin d'y soutenir nos Juniors B, à l'occasion du derby; le seul et l'unique qui nous intéresse, celui qui oppose notre MJOR à Yverdon-Sport.

Ce samedi, venez donc découvrir les talents qui orneront nos pelouses, à Champvent ou ailleurs, dans les années à venir.

Hasta Siempre


13 sept. 2013

Albino Bencivenga, le Roi des rois (partie 1)

Sur ce blog, nous l'avons très vite baptisé le Roi.  Albino Bencivenga est au club depuis 2006. Avant, c'était Yverdon-Sport, SR Delémont, AC Bellinzone, Echallens ou encore le FC Savoia. Il est le meilleur buteur vaudois depuis la nuit des temps. Plus de 330 buts en carrière.  Portrait d'un homme illuminé par le talent.

Photo: La Région Nord vaudois


Ecce Homo! Ainsi hurla Ponce Pilate lorsqu'il présenta l’enfant roi, Jésus Christ, à la foule en délire, un soir d'été à Jérusalem.

Ecce Homo, "voici l'homme", en français dans le texte.

Deux mille ans plus tard, un soir d'été brûlant et devant une poignée de coéquipiers médusés, Jean-Daniel Tharin aurait pu crier voici l'homme à son tour.

Albino Bencivenga débarquait ainsi au FC Champvent, le Roi arrivait, le miracle personnifié était intronisé, le maître prenait la tunique du modeste club Nord-vaudois. S'écrit alors la plus belle page de l'histoire du football chanvannais. Ni plus, ni moins.

Les rêves de grandeur

Plus de 220 buts plus tard, Albino porte toujours le chandail chanvannais. Autour de l’ivresse d’une petite bière et après un match où il encore fait tourner la tête de ses adversaires, le maître ressasse ses mémoires, s’extirpe de sa timidité apparente, et confie son passé dans les arcanes du pouvoir: "Jouer contre le Real de Madrid en 1996, c'était certainement mon plus beau souvenir en tant que joueur.  J’évoluais alors à Yverdon et en face de nous, il y'avait des joueurs de la trempe de Clarence Seedorf, Davor Suker, Fernando Hierro. C’était surréel. Pour l’anecdote, on a pris 3-1, mais ça reste secondaire. Sur le banc de touche, il y’avait un certain Fabio Capello, je n'avais d'yeux que pour lui." explique-t-il les étoiles dans les yeux, à moins que ça ne soit le contraire, les stars madrilènes qui se pavanent dans sa tête aujourd’hui encore, des souvenirs célestes pour un joueur lui-même devenu divin.

Il enchaîne: "Quelques années plus tard lorsque je jouais à Bellinzone, on avait reçu le Genoa – 9 fois champion d’Italie, quand même. Là, j’enfile un but, et on gagne 2-0. L’extase. Ce n’était bien sûr qu’un match de présaison, mais quand même, j’en suis extrêmement fier." Albino Bencivenga se souvient encore de l’année 2001 comme d’hier, de cette saison tessinoise comme de la plupart des 330 buts qu’il a inscrits au cours de sa glorieuse carrière.

Le Roi fait partie de la caste des buteurs qui compte ses pions, il est capable de détailler ses buts les plus lointains comme les plus proches, les importants autant que les insignifiants, les merveilles comme les laids; un extrait lui vient naturellement à l’esprit: "justement, le seul but que je marque en Ligue Nationale A, c’était avec Yverdon-Sport en 1999. Le ballon ne touche même pas le filet! Il a à peine franchi la ligne…"

A YS (18 buts), sous les ordres de Lucien Favre

Jeune et prometteur, ambitieux et téméraire, l’heure de faire des choix bat son plein, tic-tac tic-tac, la carrière n'attendra pas, rester en Ligue Nationale A avec Yverdon-Sports, faire du banc pour que son propre égo règne; ou partir pour s’assouvir, chercher ce fameux temps de jeu propice au développement personnel, et pour que sa propre volonté soit faite? "Lucien Favre me disait toujours, reste à Yverdon, fais-toi les os ici. Je suis resté une année supplémentaire, mais je n’ai jamais eu beaucoup de minutes pour me montrer. J’avais quand même été meilleur buteur du Tour de relégation en LNB deux années auparavant, avec 12 goals. Mais je n’arrivais tout simplement pas à gagner la confiance de Lucien Favre en LNA. Il a été un excellent entraîneur, mais je voulais jouer régulièrement, j’ai donc décidé de partir." YS, 18 buts entre 1997 et 2000, entre la Ligue Nationale A et la LNB, pas tant de temps de jeu, mais déjà un finisseur patenté.

Et puis le départ, par amour du jeu

Selon son agent John Dario, sa valeur sur le marché avoisinait alors les 435,000.- CHF. "Quand on m’a annoncé ma valeur, j’étais un peu déçu. Non pas pour le montant en soi, qui représentait beaucoup d’argent, mais parce qu’autour de moi, j’entendais des montants de transferts faramineux pour d’autres joueurs et je me disais que finalement, à bien y réfléchir, je ne valais pas grand-chose!" La Ligue Nationale A attendra, il fallait désormais s’aguerrir en LNB, donner tort à ce Ponce Pilate intérieur, celui qui promettait la croix et la bannière pour atteindre l’échelon suprême en Suisse.

Direction Delémont, où Heinz Hermann le veut absolument. Le Jura, une nouvelle terre fertile, l’instinct du Roi Bencivenga déjà frappe les esprits et les buts adverses: 11 goals, quasiment tous inscrits lors du premier tour.

A peine six mois après l’arrivée de l’homme-roi, Heinz Hermann est remplacé par Michel Renquin, "un fou". L’amour ne sera jamais réciproque et rebelote, il faut chercher la grâce ailleurs, voilà que l’enfer du foot lui fait un premier clin d’œil en guise d’avertissement. "Après Delémont, je me suis retrouvé au FC Savoia, en Série C italienne. Jouer en Italie, ça représentait quelque chose pour moi. Savoia, c’est vers Naples, c’est chaud, et ma foi là-bas, on avait carrément interdiction de sortir de l’hôtel. Je me souviens encore parfaitement du capitaine, un certain Sbrizzi. Un jour, il m’avait dit: c’est la jungle ici au Sud, toi, tu dois aller jouer au Nord. Je te donne un conseil, cherche un club ailleurs. L’atmosphère était pesante là-bas, et puis bon, le club a finalement fait faillite."

Un passage en Série C italienne, dans l'enfer napolitain

Du coup, retour à la case suisse, le coach Dellacasa l’attend pour deux ans à Bellinzona, tandis que Kriens lui avait proposé un contrat similaire. L’expérience italienne de Savoia lui vaut un passage dans les coulisses du mal, les non-dits du foot qui surgissent, la vérité crasse d’un monde guindé à la performance ultime. "On nous filait des pastilles bizarres. Avec ces trucs, on n’était jamais fatigués… On pouvait courir, courir, sans jamais se fatiguer. Même la nuit, ça turbinait. Franchement, ça m’a foutu les boules, je me demandais comment mon corps pouvait accepter un tel traitement, c’était intenable." Lui s’en tiendra là, la santé avant tout, la vie est longue, les buts n’attendront pas, certains de ses coéquipiers poussaient même le plaisir à d’autres entournures : "Je voyais des joueurs se piquer les cuisses. C’était trop."

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Albino Bencivenga, le Roi des rois, la deuxième partie, ce sera pour la semaine prochaine.  Nous y évoquerons son salaire de footballeur à l'époque, son amour du Milan AC, quelques souvenirs du haut niveau et son rapport avec le but.

En attendant, quelques liens.

AC Bellinzone–Genoa 2-0, un but de Bencivenga – AC Bellinzona

Joueur vaudois 2006-2007 – Cartonrouge

Contingent SC Delémont, saison 2000-2001 – Euro

Contingent AC Bellinzona, saison 2001-2002 - Euro

Un but face à Thierrens, en 2011 – Footmag (le but est à 4:28!)


L'homme implore le respect, sur et hors du terrain

Ecce Homo! (de Antonio Ciseri) Ponce Pilate annonce l'arrivée de l'élu

La facilité de l'homme-roi

Il connaît ses buts sur le bout des doigts

11 juil. 2012

Kim Castellino côté cour et côté jardin

Ceux qui connaissent Kim Castellino le savent mieux qui quiconque: engoncé dans ses atours d’entraîneur, l’homme est exigeant.  Intransigeant même, tant il aime à limiter la rigolade à son minimum vital.  Il apprécie l’ordre, la rigueur, la discipline, surtout lorsque ses ouilles obtempèrent docilement. "Quand Kim parle, t’as meilleur temps de fermer ta gueule et d’écouter sagement" dira un joueur souhaitant conserver les règles d’usage, soit l’anonymat.

Hors du terrain, l’homme est paradoxalement un boute-en-train patenté.  La tchatche, il connaît.  Les vannes, il adore.  Prolixe et de bonne compagnie, il l’est.  Dans son monde à lui, l’ennui n’a pas sa place. "Oui, Kim était là. Donc oui, on est rentré tard..." dira ce même joueur justifiant non plus son anonymat, mais sa vie de couple chancelante.

Kim Castellino, c’est cette dualité.  Un homme décisionnel. A la fois draconien et pointilleux; rigolard et passionné.  Retour sur le parcours d’un type formidablement atypique.

La formation yverdonnoise pour commencer

D’abord, les débuts.  Jadis, Team-Vaud n’existait guère. Pour travailler ses gammes, Kim Castellino opte pour la voie unique, le seul réseau offert aux talents d’antan, nous parlons ici d’Yverdon-Sport. "J’y ’ai fait toutes mes classes de juniors, avant de terminer avec Christian Mischler aux Espoirs. A cette époque, je n’étais pas attaquant, mais j’évoluais en défense centrale.  Sous Claude Ryf, j’ai fait quelques brèves apparitions avec l’équipe première, en Ligue Nationale B, mais ça n’a pas duré. Pour moi, il fallait alors passer à autre chose."

Se pose alors ce choix draconien, celui qu’impose une introspection, une remise en question personnelle: comment rebondir, et où?  La réponse de Kim fuse, le plus simplement du monde: "Je suis tout bêtement parti dans le premier club qui m’a contacté. C’était le FC Grandson d’Alain Nicolet, qui évoluait alors en 3e ligue. Là-bas, on m’a immédiatement donné la chance de m’exprimer." Et tout s’enchaîne. Tout s’accélère.  A commencer par son rôle sur le terrain, lui qu’on remanie de la queue de défense à la pointe de l’attaque.

Le don du buteur inné

Les effets collatéraux sont immédiats. Une moisson de buts s’ensuit, ou la reconversion réussie d’un buteur finalement inné. "J’ai tout de suite eu de bonnes sensations avec ce repositionnement offensif, et j’ai commencé à marquer par mal de buts grâce au choix d’Alain Nicolet.  29 la première saison, 36 buts la seconde.  Marquer des buts, au jour d’aujourd’hui comme au début, c’est un véritable moment de bonheur. Aujourd’hui, je suis peut-être encore davantage émotif qu’auparavant. Marquer un but, c’est une sensation dont on ne se lasse absolument jamais."  Trois années durant, la vie bocane de Kim Castellino s’associe au rendement offensif.

A forcer de régularité, mais surtout d’efficacité, les sirènes s’enclenchent, les coups de téléphone se succèdent; il devient l’homme providentiel, celui qu’on s’arrache. La timbale revient au FC Valmont, alors pensionnaire en 2e ligue.  Kim Castellino enfile encore des buts à intervalles régulières. 27 avec Valmont, et une promotion en 2e ligue interrégionale. Qu’est-ce qui fomente le buteur aux yeux d’un finisseur comme Kim? "Pour moi, le meilleur attaquant est celui qui sait se faire oublier. Celui capable de surgir au bon moment pour mettre le ballon au fond. L’attaquant patient et efficace."

Pour briser la spirale, la blessure malheureuse

Et puis, le couac; l’instant redouté, inévitable, le seul empêcheur de tourner en rond: la blessure : "Je réalisais une belle saison de 2e ligue interrégionale à Valmont. J’étais en forme, je marquais des buts, tout allait bien. Et puis, le dernier match du premier tour, je me déchire les ligaments du genou. Pas facile à digérer, surtout à ce moment-là de ma vie de footballeur, à 23-24 ans."

Se pose alors ce choix toujours difficile: comment rebondir, et où? Là encore, Kim arpente la voie de la sagesse, dans la lignée de Confucius qui disait notre plus grande gloire n’est pas de tomber, mais de savoir nous relever.  Kimbo reprend alors du service à Champvent, sous l’égide de Manu Bergantinos.  Fraîchement promu en 3e ligue, le club l’accueil à bras ouverts, la langue presque pendante, l’incroyable opportunité d’avoir en ses rangs une telle gâchette.  Et sa réputation se justifie immédiatement. L’homme transforme des miettes en caviar, exploite chaque ballon avec une réussite diabolique, inscrit des buts avec la tête là où certains ne mettent pas le pied. 30 buts encore, et puis s’en va.  Au suivant.

Deux apparitions en Challenge League

A Bavois d’abord (nouvelle promotion de 2e ligue en 2e ligue interrégionale), puis à Baulmes où il s’exhibe tantôt en 2e ligue, tantôt en Challenge League, sous l’œil attendri de Bertine Barberis. "Avec Barberis, j’ai redécouvert les vertus du travail, de la discipline; mais aussi et avant tout, de l’hygiène de vie. J’ai fait deux matchs en Challenge League [Bellinzone, La Chaux-de-Fonds, ndlr] et vécu une belle aventure. Cette expérience m’a beaucoup apporté, notamment aujourd’hui en tant qu’entraîneur." relate-t-il.

Les prémices du poste d’entraîneur le titillent, déjà. Et après une ultime épopée à Champvent en 2e ligue, le voilà muté, presque naturellement, à la tête de la seconde équipe du club.

"Pour moi, la transition de joueur à entraîneur n’est qu’une continuité. Ca répond à un vrai besoin, un intérêt personnel. J’aimerais transmettre à des jeunes ce qu’on m’a appris. J’ai donc repris cette équipe du FC Champvent, même si elle était dans une situation plutôt délicate. Il a presque tout fallu reconstruire. Mais aujourd’hui, les résultats sont là, et mine de rien, on frise la promotion cette année." souligne Kim, comme pour rappeler qu’il s’est fait spécialiste dans l’art du rebondir.

Mais aussi: le tennis en sport-études

Kim Castellino fait également partie des athlètes polyvalents, capables de briller dans toutes les disciplines dont ils s’amourachent, ne serait-ce qu’un peu. Le tennis est son pêché-mignon, lui qui a pratiqué le sport depuis l’âge de quatre ans, pour finalement atteindre, à 18 ans, un niveau N4 national. "Je participais à un programme sport-étude très intensif, avec des entraînements journaliers de tennis. Chaque weekend, j’enchaînais tournois de tennis et matchs de foot. Les semaines étaient surchargées, je n’arrêtais pas.  Au bout d’un moment, j’ai saturé, et j’ai dû faire un choix, celui du foot."

Le coach de la deux n’est donc pas du genre à ses reposer sur ses lauriers, aussi confortables soient-ils. Son avenir immédiat se conjugue à celui du FC Champvent, avec l’ambition idoine qu’il sait imposer : "Nous avons trouvé une ossature extrêmement solide. Il nous manque peut-être quelques renforts pour trouver un meilleur équilibre encore. Maintenant, il faut qu’on apprenne à devenir des gagneurs, à savoir gérer les moments-clés des matchs. Je pense que [mon assistant] Florian Magnin est parfait dans ce rôle, il sait imposer cette grinta qu’il nous manque parfois. Florian c’est aussi mon confident, notre collaboration est fructueuse et j’en suis ravi."

Quand progrès passe par discipline

Une chose est sûre, la méthode Kim Castellino ne bougera pas d’une once, dictateur ou intransigeant qu’importe, il ne vendra jamais sa méthode sur l’autel du bien plaire. "J’ai entière confiance en mes jugements. Je sais pertinemment que pour progresser, il faut imposer une ligne claire aux joueurs, quitte à être très dur avec eux. D’ailleurs, la grande majorité de mon contingent l’accepte."

Décisionnel donc, le Kim Castellino. Mais aussi communicatif, partageur et généreux, lui qui n’oublie jamais d’encenser le club: "Le FC Champvent est une grande famille; personne ne peut se plaindre de jouer ici.  J’ai connu pas mal de clubs dans ma vie et je peux assurer que ce n’est pas partout pareil. Toutes les personnes qui œuvrent pour le club et qui le font vivre méritent une mention!"

Pour la troupe à Kim Castellino, la reprise de la saison 2012-2013 est fixée au lundi 16 juillet.  Depuis la mi-juin, le programme d’entraînement est fixé, les matchs amicaux planifiés.  Exigeant avec ses troupes, exigeant avec soi-même.

Cette saison encore, les objectifs à Kim Castellino seront revus à la hausse.  Tout comme les objectifs de son équipe. Et qu’importe que cela plaise aux joueurs ou non, car ils suivront le meneur d’homme qu’est Kim Castellino.

Kim Castellino, au fond, est un formidable meneur d'hommes

29 nov. 2011

Oui, bien sûr, Albino a marqué

Albino Bencivenga est une légende. Une sommité du football nord-vaudois. Depuis tant d’années, son nom rime avec efficacité, constance et humilité. Depuis tant d’années, il enfile les buts; que ce soit à Yverdon, à Echallens ou à Champvent.

Devant le but, l’homme sait tout faire, et il le fait mieux que quiconque, loin à la ronde. Bencivenga est un esthète du jeu, il n’est jamais dans l’excès, rarement dans le rouge, l’élégance est son prénom, la classe son nom, l’obédience à Roger Federer, désolé pour la comparaison futile. Lorsqu’il touche le ballon, les onomatopées se succèdent, les oh s’enchaînent, les ah se suivent, et lorsqu’il s’exécute, le silence devient maître, on se tait, pour s’extasier devant une démonstration d’émerveillement. L’homme est unique, génialement vôtre, un transmetteur de rêve. Mais ça, tout le monde le savait déjà.

A tel point qu’il a été prêté à Yverdon-Sport, pour la fin de l’année civile. Mais ça aussi, tout le monde le savait déjà.

L'incertitude, finalement, c’était simplement de savoir si Albino allait marquer contre Baulmes. La réponse est désormais connue de tous; mais elle ressemble, après-coup, à une banalité dans le monde de Bencigol car oui, il marque partout où il passe.

L’autre inconnue, peut-être, c’est de savoir où Bencivenga va poursuivre son parcours footballistique. A Yverdon, à Champvent ou ailleurs, peu importe, tant qu’il continue à émerveiller. Et quoi qu'il fasse, on pourra toujours dire qu'il a été des nôtres, qu'il est l'ambassadeur du FC Champvent, et qu'on en est plutôt fier.



Albino Bencivenga marque partout où il passe


13 juin 2011

Yverdon-Sion à Champvent!


Du 22 au 26 juin 2011, la commune de Champvent fêtera ses 1000 ans.

Le vendredi 24 juin (20:00), le football ne sera certes pas l’unique roi -- la manifestation accueillera plus de 70 animations et concertes gratuits --, mais l’un des prophètes du sport Suisse sera bien présent. Avec 12 victoires en Coupe de Suisse, l’orgueilleux FC Sion viendra étayer son statut d’équipe imbattable sur le Stade du Battoir de Champvent.

Avec comme adversaire, une équipe certes reléguée en première ligue, mais un club qui peut se targuer d’être l’un des moteurs de la formation régionale, Yverdon-Sports.

Le vendredi 24 juin, ce sera donc une opposition de styles, de dynamiques, entre légataires de première ligue et européens, ou la possibilité de voir un spectacle footballistique captivant, toujours dans le cadre féerique des festivités du millénaire de la commune de Champvent.

Un spectacle à profiter sans ménagement, d’autant que l’entrée au stade sera totalement gratuite.

Plus d'informations sur les 1000 ans de Champvent sur le site www.1000-ans.ch.

14 avr. 2011

Champvent - Yverdon-Sport, deux mondes d'écart

Entre Champvent et Yverdon-Sports, il y'a bien deux mondes d'écart. Deux mondes et deux ligues, pour être précis.

Mais il existe aussi un fossé, plus pernicieux, dans la manière d'être, le comportement et le sens du respect.

Alors d'accord, une grande partie des yverdonnois n'avait certainement pas envie de monter à la campagne un mercredi soir parmi les odeurs de purin, parmi les champs et le vent qui balayent un Battoir vieillot, la pelouse étroite et caverneuse qui forge le caractère râpeux, un terrain qui fomente la corne des pieds et use ses crampons rabotés dans une atmosphère champêtre.

Pourtant, ce sont bien les caciques du FC Yverdon-Sport qui ont voulu ce match. Ce sont bien eux qui ont insisté auprès de Tonton Tharin pour s'exhiber sur la pelouse du FC Champvent un mercredi soir.

Pourquoi? Allez savoir, mais le FC Champvent a accepté, tout heureux d'accueillir le grand voisin du football en ses terres, tout heureux de pouvoir aider un club voisin et ami à s'extirper du pensum qu'est le sien, soit le sauvetage en Challenge League. Des nord-vaudois qui en aident d'autres, on se croirait au copinage arrangés entre suisse-allemands, ou presque.

Logiquement, le grand YS s'est imposé. Le score? 4-0. Le tout dans une domination à la barcelonaise. Le tout dans une partie calfeutrée dans le camp d'une équipe chanvannaise qui s'est battue avec ses moyens, et ses nombreux absents.

Vittorio Bevilacqua s'est-il rassuré pour autant? Allez savoir. Ce que le staff et le joueurs yverdonnois ont certainement dû oublier, c'est qu'en face, le FC Champvent a beaucoup sacrifié pour accueillir ce match: il a fallu déplacer les entrainements de la deux ainsi que celui des juniors sur d'autres pelouses; il a fallu ajouter, tardivement -- ce match a été confirmé mardi soir -- une nouvelle soirée de foot à des joueurs qui avaient certainement prévu d'autres réjouissances; il a fallu s'affubler des frais d'éclairage supplémentaires; ouvrir sa buvette; quémander ses bénévoles et payer sa part des frais d'arbitrage, soit 265.--.

Pour quel retour? Aucun. Pas même une poignée de main à la fin du match, tous les joueurs yverdonnois se sont précipités sous la douche, puis dans leurs voitures, privées ou pas, oubliant que le "shake-hands" est non seulement une marque de respect, mais également un geste de fair-play.

Sur le terrain, les joueurs d'Yverdon-Sport ont été extrêmement professionnels et respectueux. Mais leur rôle ne devrait pas s'arrêter là. Alors évidemment, on ne demande pas l'accolade chaleureuse, encore moins la franche reconnaissance, mais l'humilité est une vertu qui peut sauver des apparences. Au contraire de la condescendance.

Ensuite, et c'est beaucoup moins grave mais il n'est pas futile de le mentionner, pas un joueur (hormis Andy Laugeois, qui est devenu mon joueur préféré) pas une présence à la buvette après le match. Et la Champions League n'est pas une excuse puisque le match était en direct à la buvette.

Si YS tente de se reconquérir un public, c'est raté. Si YS est à la recherche d'une identité communicative, c'est râpé. Si les joueurs d'YS cherchent du soutient pour assurer leur maintien, c'est encore manqué.

Hier soir, le grand Yverdon-Sports s'est éclipsé vite fait, la condescendance comme seule vertu. YS a gagné un petit match, mais a perdu une grande dose de respect.