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14 août 2014

Mais pourquoi tant de haine?

Samedi, coup d'envoi des festivités officielles pour le FCC, quand La Une affrontera Concordia (19:00).

La semaine suivante sera celle des premières: La Trois recevra, pour son premier match officiel, le FC Nord Gros de Vaud (17:00), juste avant que La Deux n’en découse avec La Sarraz (19:00), pour son premier match en 3e ligue.

En attendant, on va se plaindre.

Faire les Calimero.

Râler.

Rouspéter et ronchonner, puisque c'est si facile.

Allons-y franco: la première équipe est largement en sous-effectif. Et on a de la peine à saisir pourquoi.

La première équipe est largement en sous-effectif. Et on a de la peine à saisir pourquoi.

La Une, c'est 15 joueurs de champ quand tout va bien, ajoutez-y trois gardiens. Aux entraînements, pendant les semaines de préparation, c'était tantôt huit présences, parfois quatre. Oui, quatre bonhommes qui se prélassent sur un immense rectangle vert, et Christian Mischler qui y hurle des ordres - un arbre qui tombe dans la forêt fait-il du bruit si personne ne l'entend?

À chaque match de préparation sans exception, une quantité hallucinante de joueurs contingentés à La Deux - voire même La Trois - sont venus prêter main forte. La raison? Les éternelles vacances (justifiées), absences (injustifiables) et blessures (incontrôlables).

Et le moment de se poser les questions. Les bonnes, si possible.

Pourquoi diable personne ne veut-il signer chez nous, à Champvent? Et ce, malgré d'innombrables démarches?

Que faisons-nous donc de faux?

Sportivement, pas grand-chose, à priori. Les quatre dernières saisons, deux fois avons-nous été Finalistes pour la 2e Ligue interrégionale (2012-2013). Les deux autres saisons? 4e (2011), et puis sur le podium (2014). Mieux, c'est impossible (ou presque).

Sportivement, ça marche - et plutôt bien.

De là à faire venir des joueurs ambitieux?

Non. Au contraire, les ambitieux partent. Le navire chanvannais ressemble à une pâture en déliquescence. Chaque intersaison, il faut rapiécer un contingent, bricoler avec les départs. Pallier les absences. Trouver le joueur rare, qui ne doit pas forcément l'être par ses qualités intrinsèques, mais par sa simple volonté - quelle sinécure! - de venir jouer à Champvent.

Il semblerait que nous soyons un peu l'opprobre, le nom à ne jamais prononcer. La honte qui frappe au portillon.

Comme si nous n’existions pas, ou alors dans les bas-fonds de territoires inexplorés, de vrais apatrides

Comme si nous n’existions pas, ou alors dans les bas-fonds de territoires inexplorés, de vrais apatrides qu’on vous dit. « Quoi, tu joues à Chavannnes? Non, pas Chavannes, à Champvent. Ahhhh, oui, à Champagne. » Un dialogue déjà entendu dans notre région.

Alors, pourquoi?

Ne donnons-nous pas la chance aux jeunes? Est-ce si difficile de s'intégrer, à Champvent? Est-ce si difficile de trouver du temps de jeu? Est-ce à tel point délicat de trouver grâce chez nous?

Osons le jugement, la réponse est non. Une seule composition vaut 1000 mots, comme le veut l'adage. Voici donc l'équipe-type, en 4-4-2, des joueurs disparus du FCC, depuis quelques saisons.

Lianel Lauper (La Sarraz), Guillaume Salvi (La Sarraz), Rafael De Matos (Team-Vaud M21), Sacha Margairaz (Yverdon-Sport);

Dario
Drago (Naters), Eros Pitronacci (Yverdon-Sport), Jason Brunet (La Sarraz), Oscar Rodriguez (Valmont);

Samir
Mehmedovic (Bosna), Raphaël Vanotti (Donneloye)

Une belle équipe de vainqueurs.

Alors, est-ce nos infrastructures? Un champ de patate, le terrain du Battoir, une calamité pour techniciens que nous ne pouvons raisonnablement être, nous qui jouons à la campagne, non pas Champagne?

Osons le contredire: notre terrain est incontestablement l'un des plus entretenu, bichonné, cajolé et adulé de la 2e ligue.  Les adversaires adorent y venir, hormis quand on balance dans le champ pour y gagner du temps - comme si personne d'autre ne le faisait.

Est-ce le matériel?

Chaque joueur bénéficié d'une tenue d’échauffement, d’entraînement (kway, training, etc) et de sortie. Qu'il n'est pas obligé de rendre lorsqu'il (inévitablement?) nous quitte. Alors oui, bien sûr, on pourrait encore offrir des chaussures, des masseurs, des repas gratuits à la buvette et puis des points Coop. Peut-être le matériel est-il une esquisse de solution à notre désamour.

Peut-être sommes-nous ennuyeux ?

Côté extra-sportif, nous sommes carrément hyperactifs

Côté extra-sportif, nous sommes carrément hyperactifs. Récemment, à Champvent: la Finale de la Coupe vaudoise; le Sifflet d’Or; le Dîner de Soutien; le Souper de soutien; Graines de Foot; le Tirage au sort de la Coupe vaudoise.  Et l’année prochaine, le 60e anniversaire du club. Reposer sur nos lauriers n’est pas une option, surtout avec le Président Claude Meylan.

Alors, sommes-nous arrogants?

Se voit-on trop beaux?  Pète-t-on plus haut que notre cul? A-t-on le melon, ce que nos résultats pourraient nous pousser à voir grossir? Faisons-nous des promesses que nous ne tenons guère? Si cela se fait dans toutes les contrées, genre: « si tu signes, tu es titulaire, numéro 10 et on t'offre une prime au point », ici nous ne faisons aucune promesse, mais au moins ne mentons-nous pas comme d'autres le font sans vergogne. Faire miroiter monts et merveilles aux jeunes, c'est facile, les satisfaire, vaste enjeu.

D’ici quelques semaines, nous organiserons un sondage d’opinion sur ce que représente le club, afin de mieux nous autopsier - même si nous ne sommes pas encore morts.  

Dernière question: sommes-nous avares?

Oui, clairement. Les joueurs paient leurs cotisations - ou du moins le devrait -, et ne touchent pas un centime, pas un copeck, pas de prime au point, rien du tout ça, si ce n'est la fameuse caisse de bière du Président ou des supporters après les trois points. Niveau rémunération, nous serons intransigeants: jamais nous ne transgresserons nos valeurs.

Oui, nous sommes avares

Le football, à ce niveau, doit être populaire, un exutoire, une soupape à la vie, une école de vie, de l’amitié, une fraternité – Hasta Siempre –, à Champvent y vient pour les coéquipiers, pas pour courir après un revenu. Et ça, nous n’y dérogerons pas.

Plutôt mourir.

Ou être relégué.

22 mai 2013

Le weekend extra sportif complètement bof

Ce week-end écoulé, par delà nos contrées, il y'a eu du foot. De talus et d'ailleurs, la promotion de Bavois en 1re ligue, la chiche victoire de Champvent II sur La Vallée de Joux (1-0). Bien. Super. Bravo les gars. Bien joué. A mardi pour l'entraînement. Du côté du FC Orbe par contre, on n'a pas joué.

Le football, sur le carré vert c'est bien beau, c'est super, on rigole bien dans l'assistance, on se marre des coups de savate, des coups de coin et des coups de blanc à la buvette gérée par la femme du Président, clope au bec, verre de rouge en cachette, on rentre en bagnole, le 0.5 pour mille c'est pour les gamins, sales jeunes, foutez-nous la paix à nous les anciens, on ne fait de mal à personne en buvant notre verre, on rentre bourré et alors, papa grimpera sur maman en rentrant, l'alcool c'est pas si mal après tout, ça masque les bourrelets et les varices. Vive le foot de talus, qu'on vous dit.

Il n’empêche, ce foot de talus nous irrite, parfois. Alors on râle. Parce qu'on aime ça, dans nos contrées. Râler. Ronchonner.

Acte 1: La (non) buvette de Team Vaud

Pour commencer, direction La Pontaise. Les édiles du mouvement juniors de la capitale vaudoise, ils accueillent Bavois pour un match de promotion. 300 spectateurs. Match à enjeu. Choc au sommet. On vise la 1re ligue quand même, ce n'est pas rien. La ville reçoit la campagne, et tous les antagonismes itou. Team Vaud M21 décide de perturber l'assistance campagnarde. Et quel choc: pas de buvette. Rien. Pas moyen de boire un verre. Impossible de ruper une saucisse. Que dalle, ceux qui l'ont, la dalle, ils patienteront, la buvette du tennis sis à côté du stade fait ainsi grimper ses ventes de boissons de 500% grâce au FC Bavois, le patron du club de tennis se marre, il ne savait même pas qu'il y'avait match à côté, vive le foot qu'on vous dit.

Alain Joseph, le Vice-Président du LS, il est dans les tribunes. Il se pavane à côté de Laurent Roussey. Fière allure, Alain. Beau gosse, Alain. Grosse montre, Alain. Le pauvre, il se fera remarquer sottement, après le coup de sifflet final, lui qui s'en ira copieusement vilipender l'arbitre, menacé d'avoir (très justement) expulsé le jeune capitaine lausannois, coupable d'avoir joué un coup-franc sans attendre le coup de sifflet de l'arbitre et après l'avertissement d'un Bavoisan. Dura lex sed lex mon bon Alain, la loi est dure mais c'est la loi (même si elle est parfois ridicule), espérons que la loi du foot soit plus clémente, ainsi le LS ne coulera pas sportivement, parce que dans l'alcool, ça c'est certain. Pendant que Joseph se prend ouvertement la honte, la buvette reste fermement interdite. Heureusement que Laurent Roussey est là, très classe, lui, il salue l'assistance bassement, rien que pour lui, le LS mérite de se sauver. Moralité: Team-Vaud a perdu un match (0-1) et un capital sympathie évident. Au moins, le club de tennis d’à côté a gagné sa vie. Vive le foot, aurait ânonné son patron, en comptabilisant le stock de boissons écoulées grâce au FC Bavois...

Acte 2: La Vallée de la soif

Un poil plus au nord du Canton, direction Champvent. La Deux reçoit La Vallée de Joux. Match pépère. Tranquille. Easy. Il se murmure que ça n'a pas volé très haut, mais au moins, y'a pas eu de coups bas. Une partie entre honnêtes footballeurs de talus, sans plus ni moins. Un avertissement voire zéro; un but à zéro pour Champvent. Et tout ce petit monde se retrouve à la buvette, histoire de boire un coup, raconter les erreurs tactiques, techniques, cette frappe si je la cadre c'est goal, je te jure, ou encore si tu me la mets c'est but mec, je t'assure mec, le central je le foutais dans le vent tranquille grave, les formules d'usage qu'on adore entendre. Nos amis de La Vallée, pourtant, ils réussissent à boire un carton de Kronenbourg issu de leur propre cave. Et ils laissent les cadavres traîner aux vestiaires pour notre concierge. Chers amis, la buvette ici, c'est notre gagne-pain, et dans le milieu, on consomme à la buvette de l'adversaire, on met le pécule dans la caisse, on boit un verre, on discute le mot et on se casse. C'est le partage. Le foot de talus. Amener ses propres boissons à l'extérieur, c'est à bannir absolument, ça mérite rouge direct, pas un carton de bouteilles hein, mais la sanction suprême. Bref.

Acte 3: le marécage urbigene

Après les affaires de buvettes, on prend la tangente. Direction Orbe. Le Puisoir. Et là, encore un choc. En début de saison, lors des averses diluviennes, jamais le FC Orbe n’a reporté un seul de ses matchs à domicile, même lorsque tout le canton annulait ses parties. Sa pelouse est solide, bien façonnée, elle supporte les aléas de la météo. Mais voilà que ce weekend, tandis que le coup d’envoi de ce Orbe-Champvent est prévu le dimanche à 13:30, voilà que le FC Orbe nous indique, à 09:00 le samedi matin (donc près de 30 heures avant le coup d'envoi) le report du match. Motif invoqué: pelouse impraticable.  Bien.  Soit.  Parfait.  Super.  On se voit mardi pour l'entraînement.

Seulement voilà, Orbe ce n’est pas très loin, on nous a évidemment fait parvenir quelques photos et ô surprise, la pelouse est magnifique, un billard. Si le FC Orbe a renvoyé la partie en prévision des conditions météorologiques, peut-être faut-il rappeler l'adage universel: le métier de météorologue a été inventé afin que les architectes ne soient plus les seuls à se tromper. Nous ne sommes évidemment pas dans les secrets des dieux urbigènes, peut-être que le responsable du terrain s’est blessé en bricolant sur sa terrasse vendredi soir, impossible de tondre le terrain.  Du coup, on comprendrait, y'a pas de problème.  Mais nous, ce sont les rumeurs qu’on entend, certaines peuvent êtres vraies (le FC Orbe aurait trop de joueurs suspendus) d'autres sont certainement fausses (d’autres joueurs seraient blessés ou qu’un des joueurs proche du club enterrait sa vie de garçon).  Finalement qu’importe, ça ne change rien, on rejouera le match un de ces quatre, lorsque les spéculations météorologiques seront éventuellement meilleures. En attendant, on a pu lire que le club urbigène cherchait à améliorer son image, lui qui souffrirait d’un certain désamour selon son Président, interviewé par l’excellent www.footvaud.ch. Bien. Soit.

Allez, c’est promis, on arrête de se plaindre maintenant.  Sans rancune, hein.

Ah et ce soir, La Une du FC Champvent reçoit le FC Assens. C'est promis, on ne râlera pas, on ne parlera que de foot.

Virgolin pris la main dans le sac... 

...La Vallée de Joux aussi. Un carton de Kronen et des clopes

Dimanche après-midi, au Puisoir...

Dimanche après-midi, toujours au Puisoir...

Dimanche après-midi, au Puisoir, le terrain est ouvert...


3 déc. 2008

L’avenir morose du FC Champvent


Le microcosme du football n’échappe pas aux règles du monde économique : seuls les riches survivent. Le point sur la situation au FC Champvent.

Finance, formation, infrastructures. Trois piliers, ou les trois fondations de clubs aspirant à la sainteté. Trois éléments de richesse sans substitution possible, indispensables à la survie d’un club de 2e ligue.

Une rechute en 3 ou 4e ligue?

Le bilan côté chanvannais est alarmant. Peu, ou pas d’argent. Des infrastructures bucoliques, et une formation centralisée en terres voisins. Le FC Champvent, du haut de son statut de club de «paysan» par excellence, ne possède en substance, aucune matière à combler les besoins des trois piliers fondamentaux. Le club est-il voué à l’échec ? Qui peut réellement empêcher, à terme, la rechute du club en 3e, voire 4e ligue ?

Les diamants sont éternels. Mais les perles du contingent, eux, ne le sont pas. La bonne volée actuelle ne saurait cacher une forêt dépeuplée de nouveaux joueurs intéressés à rejoindre ce club banal parmi les bannis. Le FC n’a rien à offrir à ses joueurs : pas même un rabais sur ses chaussures (rabais Nord'Sport non compris). Pas de droit à la rétribution donc, hormis ce plaisir placide de payer ses cotisations. Un même tarif pour tous.

Un club peu attractif.

Le FC Champvent est un club, paraît-il, où règne une ambiance inépuisable et inébranlable – même dans les pires périodes de doutes. Mais seulement voilà, dans une société où l’égoïsme et le matérialisme sont des vertus inavouables, les footballeurs se dirigent plutôt vers des clubs où les défraiements (puisqu’on n’a pas le droit de parler de salaire jusqu’en Challenge League) font saliver. Et dans de nombreux cas, la loi du porte-monnaie déroge fatalement au sentiment d’appartenance à un club. Concrètement, les buvettes dépeuplées de joueurs adverses – souvent empressés de quitter un lieu honni qui a fait, 90 minutes durant, office de terre d’accueil à ses besoins princiers de compte en banque – traduisent ce nouveau sentiment grandiloquent du football, inexorablement devenu business de talus. Au revoir donc les sociétés locales d’amateurs, bienvenue aux équipes de foot à but lucratifs. Et ce, même au niveau de la 2e ligue vaudoise, pourtant 5e division suisse sur huit.

Une magnifique nouvelle buvette. Sinon ? Rien.

A Champvent gisent des infrastructures en état de décrépitude. Un terrain d’entraînement boueux, peu éclairé et injouable, lorgnant pathétiquement comme semi-jachère peu attirante – même pour les plus téméraires des footballeurs. Aux vestiaires, des douches souvent gelées pour les traînards de la bibine, le tout dans un décor moyenâgeux d’arrière contrée. Pour jouer au FC, il ne faut pas craindre les champs, ni les vents contraires.

Aujourd’hui, le FC Champvent se délecte à la 4e place du championnat de deuxième ligue. Pourtant, faute d’argent, le dessein d’un FCC qui traîne son spleen d’enfant pauvre de la catégorie le rattrapera tôt ou tard. Faute de moyens à la hauteur de ses adversaires, la rechute, à terme, en 3e ou 4 ligue n’est pas un mal en soi, ni une mauvaise prescience pessimiste, mais un futur annoncé. D’ailleurs, le FC Champvent, fief d’une bourgade de 300 âmes, y retrouverait une hiérarchie plus adaptée à sa véritable envergure.

Y'a-t-il des aspects positifs à entrevoir dans ce méli-mélo de prédictions noires? Certes oui, car au moins, la plupart des futurs adversaires du FC Champvent resteraient à la nouvelle buvette après les matchs, tout heureux de partager un moment de convivialité, au grand damne des actuels princes du porte-monnaie...

19 févr. 2008

La CAN: terrain maudit, malgré tout

Merci la CAN!

Il y’avait de quoi se faire du souci. A force d’être gavé – voir lobotomisé – semaine après semaine, des soi-disant grands chocs européens insipides, le fan moyen du football aura peut-être manqué, de façon quasi anodine, une compétition qui aurait pu lui redonner le foot sacré. A l’heure des performances antalgiques de notre Nati, et des chocs en stock décevants des grands championnats (les récents Juve-Rome ou Chelsea-Liverpool ne contrediront personne), il a existé, deux mois durant, un palliatif salvateur en la Coupe d’Afrique des Nations (CAN).

Pourtant, au niveau de l’engouement populaire, aucune extravagance pour cette CAN: des banquettes souvent vides (pas plus de... 1'000 spectateurs pour Guinée-Namibie), des starlettes pas toujours concernées (Sissoko a préféré négocié son contrat avec la Juve que de s’impliquer pour le Mali), le tout agrémenté d’une vox populi européenne bien incapable de reconnaître l'allégresse bienfaisante que le championnat d’Afrique des Nations propose.



Heureusement, la CAN a su conserver son esprit festif, et une joie jamais dissimulée de pratiquer un style terre-à-terre du football, bien loin des exigences exsangues des magnats européens. Au programme : une passion du foot où la meilleure défense est l’attaque, et une volonté sempiternelle de donner à son peuple une once d’espoir dans un quotidien souvent terrible. Pas de rigueur tactique «à la Capello», pas de «catenaccio», et encore moins l’obligation de ne pas perdre, comme on le voit trop souvent sur les pelouses du Vieux Continent, là où la meilleure attaque reste – au dam du spectacle – la défense.

Cette CAN, merveilleux millésime de l’enchantement du football, nous aura fait découvrir, d’Accra à Kumasi, un ess(i)aim de talent que l’exposition internationale – même maigre – n’aura pu endiguer. Les Manucho, Zaki, Aboutreika et autre Pantsil (salut Gil) auront ainsi pu, une Coupe d’Afrique durant, faire leur coming-out.

Du côté des critiques (voir sondage plus bas), la CAN reste, bon an mal an, un cumul de tacles mal ajustés, tous posés sur une pelouse que mêmes certains champs de patates vaudois n’envient plus. Quant aux adeptes, ils pencheront toujours en faveur de cette grosse semelle godichonne, au détriment de simulations ridicules – voire grotesques – venues tout droit d’Europe. Chercher une théorie valable pour excuser le gazon perfide du Ghana serait ubuesque. Mais les invétérés du football africain n’en auront cure. Ils préfèreront toujours voir un foot de CAN offensif (3.09 buts par match) produit sur un parterre de mottes inégales, à un billard européen, qui est devenu – malgré les réminiscences du temps des Puskas – chasse gardée du 4-5-1 ultra défensif, que les Coupes Européennes vont indubitablement nous réserver.

Désormais, la CAN est terminée.

Cette semaine, la fameuse Ligue de Champions reprend ses droits. Niveau spectacle, il va peut-être falloir recommencer à se faire du souci.



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Vos commentaires sur cette CAN sont les bienvenus.

29 nov. 2007

Billet d'humeur: "l'arbitrage et ses excès"

Le regard est perçant. Sans doute de l’excès de zèle. Ou de l’orgueil mal placé. Ce regard noir-là, parfaite symétrie de son habit d’arbitre, va sanctionner Anthony Vial – victime en la circonstance de son propre talent. Nul besoin d’attendre la décision: ce sera la sanction suprême, le carton rouge.

Comme pour accepter la sentence imminente, Vial quitte le terrain, la tête basse, comme dépourvu de toute vaine protestation. En stigmate d’une frustration enfouie, pourtant, règne une impression légitime d'injustice. Malmené, chahuté, les adversaires sainte-crix ne l’ont pas ménagé, le poussant carrément à bout, en usant et en abusant de fautes et de tacles d’anti-jeu à son égard. Quelques tirages de maillot, pour plusieurs tacles à retardement, menaçant carrément l'intégrité physique d'Anthony. L'arbitre siffle, mais ne sanctionne pas.

A force, c’en est trop. Au gré de pilonnages redondants, le geste d’humeur paraît inéluctable, d’autant que le match échappe discursivement aux chanvannais. Réactionnaire, Anthony pose un tacle appuyé, le premier, le seul, sur un défenseur adverse. Logiquement, l’arbitre brandit son carton jaune pour le geste revanchard. Mérité, malgré les antécédants.

Les choses auraient pu en rester là. Mais tout se compliquera sur un dernier sarcasme. Anthony lance, en direction de l’arbitre, la boutade de trop: "S'il te reste un carton, tu peux aussi t'en mettre un"

Déplacé? Probablement. Malhonnête, certainement pas. De son côté, l’arbitre jugea offensant, offusquant même. Ce sera le carton rouge, avec en guise d’impertinence, un sourire béant pour accompagner Vial aux vestiaires.

Une suspension, c’est une privation temporaire de liberté sportive : un jugement sportif. Depuis son bureau cosy du Mont-sur-Lausanne – siège de l’Association Vaudoise de Football – un officiel transposera cette expulsion en une sanction, pouvant aller d’un à cinq matchs de suspension.

Mon ami Magnin me l'a dit, le carton rouge a été créé durant l'ère Pelé dans un but protectionniste : celui de blinder les joueurs des agressions gratuites, et d’épargner les artistes du ballon rond des fameux tacles à la hauteur de la hanche, dont le but avoué est d’anéantir la mobilité d’un joueur. Dans le cas sainte-crix, l'arbitre a jugé qu'un carton rouge devait punir une phrase laconique, dépourvue de tout malhonnêteté.

Pire, depuis le Mont-sur-Lausanne, on a estimé que la diatribe d’Anthony valait 3 matchs de suspension ! Une véritable aberrance (surtout pour ceux qui se souviennent que Zidane a écopé de 3 matchs pour son coup de boule...). Aux tacleurs la liberté, aux abris les râleurs ! Un véritable système punitif à deux vitesses.

Evidemment, nous ne sommes pas ici pour prendre la défense des « grandes gueules » qui arpentent les terrains. Mais la communication virile entre joueurs et arbitres a toujours existé. Elle existera toujours, ça fait partie intégrante du sport. Ce qui a le don d’irriter, c’est de constater que les arbitres-gachettes, tout heureux de distribuer des avertissements pour des réclamations langoureuses, font légion. Ces mêmes pourfendeurs du droit footeux restent pourtant, parfois, réticents à l’idée de sanctionner l'accumulation de fautes d’un joueur, ou du geste qui peut blesser.







Zidane: 3 matchs de suspension pour son coup de boule. Hmmm.








Malheureusement, le cas d’Anthony n’est pas isolé. Sans vouloir entrer dans les détails, comment peut-on concevoir que notre club soit puni pour son match arrêté face à Bonvillars (3 cartons jaunes au total dans le match, et un arbitre qui arrête le match sans que personne ne comprennent vraiment pourquoi), alors que le Desportivo Payerne, (face à Ependes) coupable d’ « insulte, geste revanchard » et de « coup de pied intentionnel et dangereux » pour terminer le match à 8 (!), avant de casser du nez, et de rayer des voitures (!!) restent impunis ? Hmm, on parlait bien d’un système à deux vitesses.

Depuis quelques semaines, l'ACVF a décidé de punir, de stigmatiser les fauteurs de trouble. Va-t-elle trop loin? A chacun son avis. Mais une certitude, l’ACVF devrait se fixer une ligne claire, et s’y tenir. Car pour l’instant, mieux vaut mettre un coup de boule, casser un nez ou rayer une voiture, que de d’essayer de faire comprendre à l’arbitre qu’il est mauvais...




Le match Bonvillars-Champvent II a été arrêté pour beaucoup, beaucoup moins que ça.