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4 janv. 2016
Le FC a besoin de toi!
Tu aimes le foot. Tu aimes le FC Champvent. Tu aimes l'ordre. Tu aimes la discipline. Tu aimes les sanctions. Tu aimes les gens droits. Tu aimes repérer les tricheurs. Tu aimes d'ailleurs ceux qui ne trichent pas. Tu aimes le règlement. Tu aimes le respect. Tu aimes t'investir. Tu aimes les responsabilités. Tu aimes te faire insulter la négociation. Tu as la même passion, mais pas le même maillot. Alors tu aimeras l'arbitrage. Et ça tombe bien, le FC Champvent a besoin de toi.
15 mai 2015
On voit rouge
A chaque match, les refrains sont éternels, les mêmes pour tous, quelle rengaine:
Fils de pute!
Filho da puto!
Va fan culo!
Picku materinu!
Jebem li ti majku!
Etc.*
Ces insultes, on les entend sur le terrain, tels des orgues de Barbarie qui enraillent l'air de leurs sons préfabriqués. Le pire dans tout ça: on s'y est presque habitué.
Ces quasi-onomatopées sont devenues aussi communes qu'une moto bruyante qui réveille un bébé dans un village retiré, des banalités en veux-tu en voilà, ou quand l'insulte insupportable devient quotidien, redondance; quand l'outrecuidant devient omniscient; quand l'horreur devient banalité.
A chaque week-end, le footballeur moyen y est confronté.
Impossible d'y échapper. A moins de rester sur le banc (qui pour une fois est un honneur).
Se faire insulter -- ou pire encore, sa mère -- est donc devenu routinier. Ainsi en est-il des sports de contact. Et chaque footballeur s'accordera à le dire.
Le problème, c'est lorsque l'on est puni pour ces "banalités".
Mardi dernier, Albino Bencivenga a vu rouge. Son tort? "Putain de sa mère!" a-t-il lancé, paroles en l'air, dans les deux sens du terme. Son protagoniste explique d'abord le sens premier: "bien sûr, je ne dois jamais dire ça. C'est sorti comme ça. Mais ça a mal été interprété." Donc oui, Albino a prononcé ces mots, après qu'un hors-jeutotalement inexistant ait été sifflé contre lui. Il a lancé ces mots comme il aurait pu dire ahh crotte ou ahhh flûte. Déplace? Oui. Punissable? Non. Jamais.
Paroles en l'air, seconde définition. Le Président Claude Meylan, sur footvaud: "Albino a utilisé une expression inappropriée, mais il ne l’a pas dirigée vers l’arbitre. Jamais! Il a lancé cette phrase au ciel et l’arbitre a cru qu’elle lui était destinée, ce qui est complètement faux. J’ai parlé à Albino, il a 37 ans et c’est le joueur le plus fair-play du monde. Il n’a jamais eu le moindre problème. Franchement, je le dis sans crainte et j’assume mes paroles: il ne mérite pas ça, surtout que, je le répète, à aucun moment il n’a dirigé ses paroles vers l’arbitre.".
L'arbitre entend donc ce qu'il veut, quand il le veut. Lui aussi est soumis aux pires insultes, mais ne voit que ce qu'il a envie de voir. Lorsqu'il sait qu'il est en tort, il laisse couler, courbe l'échine et encaisse, comme tous les joueurs.
Lorsqu'il sent que le contrôle du match lui échappe, il perd tout, y compris l'ouïe, même lorsque les "fils du pute" deviennent "je vais niquer ta mère" ou encore "je vais te traquer et te tuer". Oui, tout ça, nous l'avons déjà entendu sur les terrains. Mais l'arbitre n'ose pas. Sa sécurité est en jeu. Alors il fait mine de n'avoir rien entendu. Il passe, car trépasser pour du foot, non merci.
Mardi dernier, Charles**, un adversaire du jour, a asséné l'inégalable "fils de pute" des dizaines de fois -- en fait, à chaque fois qu'on le découpait par ce qu'il était trop fort, allait trop vite. Mais lui est resté impuni, comme les centaines de joueurs qui ont répété l'insulte des centaines de fois. Nous ne jetons pas ici l'anathème sur Charles. Mais sur les interprétations des arbitres, qui se sentent visés, quand cela les chante seulement.
Albino a donc prononcé ses paroles en l'air, dans un moment d'égarement, de fin de match (88e), de début de fatigue, et de tension palpable (nous luttons contre la relégation). Seul hic, l'arbitre était à côté de lui, a pris pour lui, a pris sur lui de mettre rouge.
Comme il n'a pas mis rouge à Charles.
Comme des centaines d'arbitres n'auraient jamais mis de rouges à d'autres centaines de joueurs.
L'homme en noir, très bon jusque-là, a alors interprété. Sans certitude. Peut-être était-il fatigué à son tour, des examens le lendemain, une copine qui fricote à gauche ou qui ne répond pas aux WhatsApp?
Zidane a pris trois matchs pour un unique coup de boule. Materazzi deux matchs pour une phrase anodine, répétée des milliers de fois.
Le Roi va payer pour une majorité de footballeurs. Lui fait pourtant partie de la minorité des beaux joueurs. 37 ans, meilleur buteur depuis des lustres, pas un tacle déplacé, rarement une parole malhonnête, un esthète que les hédonistes adorent, il a tout pour lui, le talent, l'altruisme et la quintessence du beau; il est de ces joueurs qui font lever les foules "ohhhh", "ahhhhh", "oh le cochon le but qu'il met!" voire "putain de sa mère la classe du mec", lorsqu'il entre dans la buvette silence se fait, on observe ses faits et gestes; lorsqu'il paie une tournée on se gêne d'accepter - on prendrait bien un peu de ses gènes a lui.
La seule chose qu'il lui manque, au Roi Bencivenga, c'est éventuellement la gueule de l'emploi, celle qui fait peur aux arbitres, celle qui les empêche d'être unanimes avec tout le monde. Peut-être est-il trop gentil. Peut-être est-ce là son seul défaut.
Dès samedi versus Bex, on se réjouit d'analyser les réactions de l'arbitre. Comment il interprétera les insultes qui immanquablement, viendront prendre place dans le jeu.
Quant à notre Roi, il n'est pas mort. Il reviendra, encore plus fort.
Mardi dernier à Aigle, oui, nous avons battu le leader. Mais nous avons perdu le nôtre.
*fautes d'orthographes possibles
**prénom d'emprunt
Fils de pute!
Filho da puto!
Va fan culo!
Picku materinu!
Jebem li ti majku!
Etc.*
Ces insultes, on les entend sur le terrain, tels des orgues de Barbarie qui enraillent l'air de leurs sons préfabriqués. Le pire dans tout ça: on s'y est presque habitué.
Ces quasi-onomatopées sont devenues aussi communes qu'une moto bruyante qui réveille un bébé dans un village retiré, des banalités en veux-tu en voilà, ou quand l'insulte insupportable devient quotidien, redondance; quand l'outrecuidant devient omniscient; quand l'horreur devient banalité.
A chaque week-end, le footballeur moyen y est confronté.
Impossible d'y échapper. A moins de rester sur le banc (qui pour une fois est un honneur).
Aux insultes, impossible d'y échapper. A moins de rester sur le banc (qui pour une fois est un honneur).
Se faire insulter -- ou pire encore, sa mère -- est donc devenu routinier. Ainsi en est-il des sports de contact. Et chaque footballeur s'accordera à le dire.
Le problème, c'est lorsque l'on est puni pour ces "banalités".
Mardi dernier, Albino Bencivenga a vu rouge. Son tort? "Putain de sa mère!" a-t-il lancé, paroles en l'air, dans les deux sens du terme. Son protagoniste explique d'abord le sens premier: "bien sûr, je ne dois jamais dire ça. C'est sorti comme ça. Mais ça a mal été interprété." Donc oui, Albino a prononcé ces mots, après qu'un hors-jeu
Paroles en l'air, seconde définition. Le Président Claude Meylan, sur footvaud: "Albino a utilisé une expression inappropriée, mais il ne l’a pas dirigée vers l’arbitre. Jamais! Il a lancé cette phrase au ciel et l’arbitre a cru qu’elle lui était destinée, ce qui est complètement faux. J’ai parlé à Albino, il a 37 ans et c’est le joueur le plus fair-play du monde. Il n’a jamais eu le moindre problème. Franchement, je le dis sans crainte et j’assume mes paroles: il ne mérite pas ça, surtout que, je le répète, à aucun moment il n’a dirigé ses paroles vers l’arbitre.".
L'arbitre entend donc ce qu'il veut, quand il le veut. Lui aussi est soumis aux pires insultes, mais ne voit que ce qu'il a envie de voir. Lorsqu'il sait qu'il est en tort, il laisse couler, courbe l'échine et encaisse, comme tous les joueurs.
Lorsqu'il sent que le contrôle du match lui échappe, il perd tout, y compris l'ouïe, même lorsque les "fils du pute" deviennent "je vais niquer ta mère" ou encore "je vais te traquer et te tuer". Oui, tout ça, nous l'avons déjà entendu sur les terrains. Mais l'arbitre n'ose pas. Sa sécurité est en jeu. Alors il fait mine de n'avoir rien entendu. Il passe, car trépasser pour du foot, non merci.
Parfois, l'arbitre fait mine de n'avoir rien entendu. Il passe, car trépasser pour du foot, non merci.
Mardi dernier, Charles**, un adversaire du jour, a asséné l'inégalable "fils de pute" des dizaines de fois -- en fait, à chaque fois qu'on le découpait par ce qu'il était trop fort, allait trop vite. Mais lui est resté impuni, comme les centaines de joueurs qui ont répété l'insulte des centaines de fois. Nous ne jetons pas ici l'anathème sur Charles. Mais sur les interprétations des arbitres, qui se sentent visés, quand cela les chante seulement.
Albino a donc prononcé ses paroles en l'air, dans un moment d'égarement, de fin de match (88e), de début de fatigue, et de tension palpable (nous luttons contre la relégation). Seul hic, l'arbitre était à côté de lui, a pris pour lui, a pris sur lui de mettre rouge.
Comme il n'a pas mis rouge à Charles.
Comme des centaines d'arbitres n'auraient jamais mis de rouges à d'autres centaines de joueurs.
L'homme en noir, très bon jusque-là, a alors interprété. Sans certitude. Peut-être était-il fatigué à son tour, des examens le lendemain, une copine qui fricote à gauche ou qui ne répond pas aux WhatsApp?
Albino va payer pour les centaines de joueurs qui ont répété l'insulte des centaines de fois.
Zidane a pris trois matchs pour un unique coup de boule. Materazzi deux matchs pour une phrase anodine, répétée des milliers de fois.
Le Roi va payer pour une majorité de footballeurs. Lui fait pourtant partie de la minorité des beaux joueurs. 37 ans, meilleur buteur depuis des lustres, pas un tacle déplacé, rarement une parole malhonnête, un esthète que les hédonistes adorent, il a tout pour lui, le talent, l'altruisme et la quintessence du beau; il est de ces joueurs qui font lever les foules "ohhhh", "ahhhhh", "oh le cochon le but qu'il met!" voire "putain de sa mère la classe du mec", lorsqu'il entre dans la buvette silence se fait, on observe ses faits et gestes; lorsqu'il paie une tournée on se gêne d'accepter - on prendrait bien un peu de ses gènes a lui.
Le Roi Bencivenga, lorsqu'il paie une tournée, on se gêne d'accepter - on prendrait aussi un peu de ses gènes a lui.
Dès samedi versus Bex, on se réjouit d'analyser les réactions de l'arbitre. Comment il interprétera les insultes qui immanquablement, viendront prendre place dans le jeu.
Quant à notre Roi, il n'est pas mort. Il reviendra, encore plus fort.
Mardi dernier à Aigle, oui, nous avons battu le leader. Mais nous avons perdu le nôtre.
*fautes d'orthographes possibles
**prénom d'emprunt
89E PUIS BENCIVENGA EST PRIÉ RETOURNER AUX VESTIAIRES. #CHAMPION
— FC Champvent (@FC_Champvent) 12 Mai 2015
89È MONSIEUR ILCO JANCEVSKI A ÉTÉ BON, VOIR EXCELLENT JUSQU'A PRESENT. #ARBITRE
— FC Champvent (@FC_Champvent) 12 Mai 2015
![]() |
| Red card? Not. |
![]() |
| Dura lex, sed lex |
7 janv. 2008
L'arbitre sort son carton, puis... son flingue.
Aux grands maux, les grands remèdes.
Les violences gratuites envers les arbitres champignonnent. Jusque-là quasiment tabou en Suisse romande, le sujet est sorti publiquement des oubliettes de l’ACVF fin 2007. Récemment, nous en avions déjà fait l’écho dans ce blog.
Evidemment, notre Helvétie n’est pas seule au banc des mauvais élèves. A quelques 10'000 kilomètres de nos latitudes, un arbitre Malaisien, a lui, semble-t-il, trouvé la solution aux agresseurs rédhibitoires du rectangle vert.
Retour rapide sur les faits.
Nous sommes dans la banlieue de Kuala Lumpur, pour la rencontre opposant le Rejosari au Kampung Bumiputera FC. Suite à l’expulsion d’un des leurs, les joueurs du Kampung Bumiputera, furieux, s’en prennent à l’arbitre. Se sentant menacé, l’arbitre malaisien - un policier dans le civil - quitte le stade, pour y revenir que quelques minutes plus tard, avec son... arme à feu.
On connaissit le slogan "on n'a pas le même maillot, mais la même passion" A ce stade, inutile de préciser que l'arbitre était certainement habité par une passion autrement plus diabolique...
Heureusement, seuls quelques tirs d'avertissement partiront avant que l'homme ne soit interpellé par la police. L'arbitre sera inculpé pour usage abusif d’arme à feu, tant dis que les joueurs incriminés, devront, eux, répondre à une accusation d'agression.
Pour l'instant, nous n'en sommes toujours pas à ce stade en Suisse. Ouf!
Source (en anglais): Reuters
Les violences gratuites envers les arbitres champignonnent. Jusque-là quasiment tabou en Suisse romande, le sujet est sorti publiquement des oubliettes de l’ACVF fin 2007. Récemment, nous en avions déjà fait l’écho dans ce blog.
Evidemment, notre Helvétie n’est pas seule au banc des mauvais élèves. A quelques 10'000 kilomètres de nos latitudes, un arbitre Malaisien, a lui, semble-t-il, trouvé la solution aux agresseurs rédhibitoires du rectangle vert.
Retour rapide sur les faits.
Nous sommes dans la banlieue de Kuala Lumpur, pour la rencontre opposant le Rejosari au Kampung Bumiputera FC. Suite à l’expulsion d’un des leurs, les joueurs du Kampung Bumiputera, furieux, s’en prennent à l’arbitre. Se sentant menacé, l’arbitre malaisien - un policier dans le civil - quitte le stade, pour y revenir que quelques minutes plus tard, avec son... arme à feu.
On connaissit le slogan "on n'a pas le même maillot, mais la même passion" A ce stade, inutile de préciser que l'arbitre était certainement habité par une passion autrement plus diabolique...
Heureusement, seuls quelques tirs d'avertissement partiront avant que l'homme ne soit interpellé par la police. L'arbitre sera inculpé pour usage abusif d’arme à feu, tant dis que les joueurs incriminés, devront, eux, répondre à une accusation d'agression.
Pour l'instant, nous n'en sommes toujours pas à ce stade en Suisse. Ouf!
Source (en anglais): Reuters
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