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23 déc. 2008

Le FC Champvent aux honneurs



Votre blog avait, l’espace d’un billet d’humeur («l’avenir morose du FC») adopté des prévisions dantesques quant à l’avenir cyclique du club, adoptant un ton réducteur de situation de crise.

Pourtant, la vie du FC Champvent est pour l’heure, carrément aux antipodes de ce sombre pronostique. L’excellent journal La Région confirme la bonne dynamique du club, puisque le journal a nominé quatre chanvannais dans sa première édition de "l’équipe de rêve du football régional nord-vaudois". Cette sélection, mettant en valeur les "joueurs les plus en vue du premier tour", est un magnifique plébiscite pour la reconnaissance des petites ligues.

Cerise sur le gâteau, le FC Champvent est le club le mieux représenté avec Sébastien Bardet, Albino Bencivenga, Olivier Glauser (tous trois également nominés dans l’élection du meilleur joueur du premier tour du FC Champvent) et le formidable Président Claude Meylan.

Toujours bienvenue, une telle reconnaissance encense les nominés, mais surtout, elle offre une image positivement réjouissante du FC Champvent, à l’image de ce plaidoyer pour Claude Meylan: "Président Melon a réussi le tour de force de jouer les premiers rôles en 2e ligue en quelques années, tout en conservant un état d’esprit proche de ses racines. Si Champvent est un club exemplaire, c’est aussi grâce à l’enthousiasme généré par son Président."

Une dithyrambe qui suffit, à elle seule, à faire taire (provisoirement ?) le pronostique futile de notre billet d’humeur.

De quoi passer l’hiver au chaud.

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L'article complet

16 déc. 2008

And the winner is...

Albino Bencivenga a écrasé le scrutin du «Pike of the Year award». Le formidable buteur du club a cueilli, pour l’occasion, un score éloquent s’élevant à 41% des suffrages.

Le podium n’en demeure pas pour autant dénué de talent, puisque Olivier Glauser (25%) et Sébastien Bardet (19%) complètent un podium émanant intégralement de «la une» du FC Champvent. Michaël Daburon (13%), en porte-parole idiomatique de Champvent II, ferme la marche d’un tableau éclectiquement doué.

Un vainqueur aux statistiques ahurissantes.

Who else? Bencivenga s’est érigé en une fulgurante gâchette, inscrivant, pour le seul compte du premier tour, la bagatelle transcendante de 15 buts en 13 matchs. Une moyenne de soulier d’or pour un homme aux qualités techniques indéniables, et au sens du but inné.

La sang du Milan AC en bandoulière, une joie qui colle aux basques, Albino Bencivenga transcende non seulement les foules par ses buts à répétition, mais également ses coéquipiers par sa personnalité exemplaire, et son état d’esprit remarquable.

Tout aussi à l’aise devant les buts que dans la buvette, Albigol récolte donc, après un prix de meilleur joueur vaudoise de l’année 2006-2007 sur cartonrouge.ch autrement plus médiatisé, celui du Pike of the year du FC Champvent.

Bravo Albino.


Albino Bencivenga, remarquable sur et hors du terrain.

3 déc. 2008

L’avenir morose du FC Champvent


Le microcosme du football n’échappe pas aux règles du monde économique : seuls les riches survivent. Le point sur la situation au FC Champvent.

Finance, formation, infrastructures. Trois piliers, ou les trois fondations de clubs aspirant à la sainteté. Trois éléments de richesse sans substitution possible, indispensables à la survie d’un club de 2e ligue.

Une rechute en 3 ou 4e ligue?

Le bilan côté chanvannais est alarmant. Peu, ou pas d’argent. Des infrastructures bucoliques, et une formation centralisée en terres voisins. Le FC Champvent, du haut de son statut de club de «paysan» par excellence, ne possède en substance, aucune matière à combler les besoins des trois piliers fondamentaux. Le club est-il voué à l’échec ? Qui peut réellement empêcher, à terme, la rechute du club en 3e, voire 4e ligue ?

Les diamants sont éternels. Mais les perles du contingent, eux, ne le sont pas. La bonne volée actuelle ne saurait cacher une forêt dépeuplée de nouveaux joueurs intéressés à rejoindre ce club banal parmi les bannis. Le FC n’a rien à offrir à ses joueurs : pas même un rabais sur ses chaussures (rabais Nord'Sport non compris). Pas de droit à la rétribution donc, hormis ce plaisir placide de payer ses cotisations. Un même tarif pour tous.

Un club peu attractif.

Le FC Champvent est un club, paraît-il, où règne une ambiance inépuisable et inébranlable – même dans les pires périodes de doutes. Mais seulement voilà, dans une société où l’égoïsme et le matérialisme sont des vertus inavouables, les footballeurs se dirigent plutôt vers des clubs où les défraiements (puisqu’on n’a pas le droit de parler de salaire jusqu’en Challenge League) font saliver. Et dans de nombreux cas, la loi du porte-monnaie déroge fatalement au sentiment d’appartenance à un club. Concrètement, les buvettes dépeuplées de joueurs adverses – souvent empressés de quitter un lieu honni qui a fait, 90 minutes durant, office de terre d’accueil à ses besoins princiers de compte en banque – traduisent ce nouveau sentiment grandiloquent du football, inexorablement devenu business de talus. Au revoir donc les sociétés locales d’amateurs, bienvenue aux équipes de foot à but lucratifs. Et ce, même au niveau de la 2e ligue vaudoise, pourtant 5e division suisse sur huit.

Une magnifique nouvelle buvette. Sinon ? Rien.

A Champvent gisent des infrastructures en état de décrépitude. Un terrain d’entraînement boueux, peu éclairé et injouable, lorgnant pathétiquement comme semi-jachère peu attirante – même pour les plus téméraires des footballeurs. Aux vestiaires, des douches souvent gelées pour les traînards de la bibine, le tout dans un décor moyenâgeux d’arrière contrée. Pour jouer au FC, il ne faut pas craindre les champs, ni les vents contraires.

Aujourd’hui, le FC Champvent se délecte à la 4e place du championnat de deuxième ligue. Pourtant, faute d’argent, le dessein d’un FCC qui traîne son spleen d’enfant pauvre de la catégorie le rattrapera tôt ou tard. Faute de moyens à la hauteur de ses adversaires, la rechute, à terme, en 3e ou 4 ligue n’est pas un mal en soi, ni une mauvaise prescience pessimiste, mais un futur annoncé. D’ailleurs, le FC Champvent, fief d’une bourgade de 300 âmes, y retrouverait une hiérarchie plus adaptée à sa véritable envergure.

Y'a-t-il des aspects positifs à entrevoir dans ce méli-mélo de prédictions noires? Certes oui, car au moins, la plupart des futurs adversaires du FC Champvent resteraient à la nouvelle buvette après les matchs, tout heureux de partager un moment de convivialité, au grand damne des actuels princes du porte-monnaie...