
Le microcosme du football n’échappe pas aux règles du monde économique : seuls les riches survivent. Le point sur la situation au FC Champvent.
Finance, formation, infrastructures. Trois piliers, ou les trois fondations de clubs aspirant à la sainteté. Trois éléments de richesse sans substitution possible, indispensables à la survie d’un club de 2e ligue.
Une rechute en 3 ou 4e ligue?
Le bilan côté chanvannais est alarmant. Peu, ou pas d’argent. Des infrastructures bucoliques, et une formation centralisée en terres voisins. Le FC Champvent, du haut de son statut de club de «paysan» par excellence, ne possède en substance, aucune matière à combler les besoins des trois piliers fondamentaux. Le club est-il voué à l’échec ? Qui peut réellement empêcher, à terme, la rechute du club en 3e, voire 4e ligue ?
Les diamants sont éternels. Mais les perles du contingent, eux, ne le sont pas. La bonne volée actuelle ne saurait cacher une forêt dépeuplée de nouveaux joueurs intéressés à rejoindre ce club banal parmi les bannis. Le FC n’a rien à offrir à ses joueurs : pas même un rabais sur ses chaussures (rabais
Nord'Sport non compris). Pas de droit à la rétribution donc, hormis ce plaisir placide de payer ses cotisations. Un même tarif pour tous.
Un club peu attractif.
Le FC Champvent est un club, paraît-il, où règne une ambiance inépuisable et inébranlable – même dans les pires périodes de doutes. Mais seulement voilà, dans une société où l’égoïsme et le matérialisme sont des vertus inavouables, les footballeurs se dirigent plutôt vers des clubs où les défraiements (puisqu’on n’a pas le droit de parler de salaire jusqu’en Challenge League) font saliver. Et dans de nombreux cas, la loi du porte-monnaie déroge fatalement au sentiment d’appartenance à un club. Concrètement, les buvettes dépeuplées de joueurs adverses – souvent empressés de quitter un lieu honni qui a fait, 90 minutes durant, office de terre d’accueil à ses besoins princiers de compte en banque – traduisent ce nouveau sentiment grandiloquent du football, inexorablement devenu business de talus. Au revoir donc les sociétés locales d’amateurs, bienvenue aux équipes de foot à but lucratifs. Et ce, même au niveau de la 2e ligue vaudoise, pourtant 5e division suisse sur huit.
Une magnifique nouvelle buvette. Sinon ? Rien. A Champvent gisent des infrastructures en état de décrépitude. Un terrain d’entraînement boueux, peu éclairé et injouable, lorgnant pathétiquement comme semi-jachère peu attirante – même pour les plus téméraires des footballeurs. Aux vestiaires, des douches souvent gelées pour les traînards de la bibine, le tout dans un décor moyenâgeux d’arrière contrée. Pour jouer au FC, il ne faut pas craindre les champs, ni les vents contraires.
Aujourd’hui, le FC Champvent se délecte à la 4e place du championnat de deuxième ligue. Pourtant, faute d’argent, le dessein d’un FCC qui traîne son spleen d’enfant pauvre de la catégorie le rattrapera tôt ou tard. Faute de moyens à la hauteur de ses adversaires, la rechute, à terme, en 3e ou 4 ligue n’est pas un mal en soi, ni une mauvaise prescience pessimiste, mais un futur annoncé. D’ailleurs, le FC Champvent, fief d’une bourgade de 300 âmes, y retrouverait une hiérarchie plus adaptée à sa véritable envergure.
Y'a-t-il des aspects positifs à entrevoir dans ce méli-mélo de prédictions noires? Certes oui, car au moins, la plupart des futurs adversaires du FC Champvent resteraient à la nouvelle buvette après les matchs, tout heureux de partager un moment de convivialité, au grand damne des actuels princes du porte-monnaie...